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La politique du premier lit disponible en vigueur dès juillet à Regina

Le reportage de Yascha Wecker

Les patients qui sont hospitalisés aux soins intensifs à Regina en attendant qu'une place se libère dans un centre de soins de longue durée de la ville pourront être transférés dans un établissement situé jusqu'à 150 km de la capitale à compter du mois de juillet, a indiqué l'Autorité régionale de santé Regina-Qu'Appelle.

La politique actuelle prévoit qu'un Réginois qui attend qu'une place dans un centre de soins de longue durée se libère peut parfois utiliser un lit aux soins intensifs dans la ville, mais les patients provenant de milieuxruraux n'ont plus cette chance. La politique du premier lit disponible s'applique déjà pour eux depuis une douzaine d'années : ils peuvent être envoyés jusqu'à 150 km de leur hôpital local durant l'attente.

L'Autorité régionale de santé de Regina avait décidé d'étendre le protocole de placement à la ville de Regina à l'automne 2013. Toutefois, la directrice des soins continus, de la programmation et de l'utilisation à l'Autorité régionale de santé, Gretta Lynn Ell, indique que cette décision a été repoussée pour donner plus de temps pour préparer le terrain, par exemple pour publier des brochures en couleur sur les établissements de santé hors de Regina.

L'opposition officielle s'oppose à l'extension

Le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan (NPD) s'oppose à l'extension du protocole de placement à la ville de Regina et critique la décision.

Quand on va dans un centre de soins longue durée, […] on a normalement des problèmes physiques et on souffre peut-être de démence. Déplacer des personnes qui souffrent de démence loin de chez elles, c’est un problème.

Danielle Chartier, députée néo-démocrate

Face à cette critique, le Parti saskatchewanais a rétorqué que c'était le NPD qui avait implanté le protocole de placement lorsqu'il était au pouvoir.

L'Autorité régionale de santé de Regina a indiqué que les patients bénéficiaient d'autres options comme les soins à domicile ou le recours à des centres de soins privés. Elle a aussi suggéré que les familles pouvaient avoir recours à des agences privées pour compléter les soins reçus dans ces centres privés ou à domicile.

La FAAFC redoute des problèmes d'isolement

Le président sortant de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC), Michel Vézina, craint que cette décision entraîne un isolement accru pour les personnes âgées. Il souligne que des Fransaskois pourraient se retrouver isolés non seulement sur le plan géographique, loin de leurs proches, mais aussi sur les plans linguistique, culturel et communautaire puisque rien ne garantit que les patients déplacés pourront avoir accès à des services de santé en français.

« C'est un isolement linguistique qui risque de se produire », déplore Roger Gauthier, directeur du Réseau Santé en français de la Saskatchewan.« C'est un isolement linguistique qui risque de se produire », déplore Roger Gauthier, directeur du Réseau Santé en français de la Saskatchewan. Photo : ICI Radio-Canada

Le directeur général du Réseau Santé en français de la Saskatchewan partage ce sentiment. Roger Gauthier redoute même qu'une telle décision créée des problèmes de détresse psychologique chez certains patients.

Le transfert de patients n'est toutefois pas une idée inédite puisqu'il est déjà pratiqué ailleurs dans la province, comme à Saskatoon, où des patients ont déjà été placés dans des centres à 75 km de leur domicile.

M. Gauthier souligne toutefois que la situation à Saskatoon est différente de celle préconisée à Regina, puisque plusieurs communautés francophones se trouvent dans un rayon de 75 km de la Ville des Ponts, dont Domrémy et Bellevue, et qu'il y a une certaine volonté de la part des aînés de rester près de ces communautés.

Or, dans le cas de Regina, la distance établie par l'Autorité de santé est deux fois plus grande, soit 150 km, ce qui peut vouloir dire 1 h 30 à 2 h de voyage en voiture pour rendre visite à un proche.

Michel Vézina remet aussi en question la qualité des soins qui sont offerts dans les régions en périphérie des grands centres.

« Est-ce que les soins de santé reliés à ces personnes-là, est-ce qu'on va être capable de les donner aussi bien dans un rayon de 150 km de Regina qu'on est capable de les donner dans la ville elle-même? Cela peut devenir problématique quand on connaît la difficulté de recrutement des médecins un peu partout dans la province, incluant les régions. Je pense qu'il y a toute une série de problèmes qui risquent d'apparaître dans un délai assez court », fait valoir le président sortant de la FAAFC.

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