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Projet de loi antiterroriste : la joute politique s'active

Le chef du NPD Thomas Mulcair pendant la période des questions.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les parlementaires ont débattu, mercredi, du projet de loi antiterroriste proposé par le gouvernement de Stephen Harper. Alors que le Parti libéral du Canada (PLC) a réitéré son appui au gouvernement, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a critiqué sévèrement les nouvelles mesures des conservateurs.

Lors de la période des questions précédant le dépôt du projet de loi C-51, le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, a répété que la loi était truffée de termes trop généraux qui pourraient mettre en péril la liberté des Canadiens, selon lui.

La définition de "menace à la sécurité" inclurait tout ce qui pourrait entraver la stabilité économique. Qu'est-ce que ça veut bien dire? [Le premier ministre] n'est pas capable de donner un seul exemple aux Canadiens!

Thomas Mulcair, chef du NPD

En matinée, M. Mulcair avait annoncé en conférence de presse qu'il voterait contre le projet de loi. Il considère que les autorités ont déjà assez de pouvoirs pour assurer la sécurité des Canadiens. Il a rappelé que six personnes avaient été arrêtées récemment en lien avec des allégations de terrorisme.

Le chef du NPD a aussi déploré que les conservateurs ne prévoient pas de nouveaux mécanismes de surveillance pour les agents de la GRC et du SCRS qui se voient déléguer de nouveaux pouvoirs.

Les libéraux voteront pour, mais ils restent prudents

Selon le chef du PLC, il est important de mieux protéger les Canadiens des menaces, tout en leur donnant l'assurance que la nouvelle loi ne portera pas atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Charte des droits et libertés.

Le Parti libéral avait rapidement annoncé qu'il appuierait le projet de loi des conservateurs, précisant toutefois que certaines parties restaient à bonifier. Justin Trudeau a d'ailleurs promis de « maintenir la pression » sur le gouvernement pour faire adopter certains amendements, notamment sur des processus de surveillance des autorités.

« Ces nouvelles responsabilités doivent être accompagnées de mesures de surveillance étroites », a-t-il déclaré lors des débats à la Chambre.

Le chef du Parti libéral a par ailleurs répondu aux attaques de M. Mulcair, qui l'a accusé plus tôt d'avoir « peur des conservateurs ». Il a répété que le NPD n'avait jamais soutenu les efforts du Canada pour renforcer la sécurité publique, « pas même après le 11 septembre 2001 », a-t-il rappelé.

Un projet de loi « équilibré », selon les conservateurs

Le premier ministre Harper pendant la période des questions.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre Harper pendant la période des questions.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le premier ministre Harper a rejeté les attaques de M. Mulcair, répétant que les nouvelles mesures émanaient du « gros bon sens ». Selon lui, une grande majorité des Canadiens appuie l'idée de donner tous les outils aux agents de la GRC et du SCRS pour contrer le terrorisme.

M. Harper a même affirmé que les critiques du NPD sur le sujet devenaient de plus en plus « extrémistes ».

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, qui a déposé son projet de loi en après-midi, a parlé d'une approche « équilibrée » de la part du gouvernement.

Le projet de loi prévoit :

  • des pouvoirs d'intervention accrus pour les agents du SCRS dans leurs enquêtes;
  • des détentions préventives facilitées pour des personnes soupçonnées d'activités terroristes;
  • une modification de la liste d'interdiction de vol pour y inclure davantage de suspects.

Politique