•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Défense nationale « a retenu des informations » sur les coûts de la mission en Irak

Des soldats canadiens, lors de leur départ pour l'Irak, depuis la base de Cold Lake, en Alberta, le 22 octobre 2014.

Photo : REUTERS/Caporal Audrey Solomon/Canadian Armed Forces/Handout

Radio-Canada

Les six premiers mois de la mission des Forces canadiennes contre le groupe armé État islamique coûteront entre 128 et 166 millions de dollars aux contribuables canadiens, indique un rapport du directeur parlementaire du budget (DPB) publié mardi.

Cette estimation est toutefois empreinte d'une « grande part d'incertitude », puisque le ministère de la Défense « a retenu des informations », précise cependant le DPB. 

« À maintes reprises, le directeur parlementaire du budget a demandé des renseignements au ministère de la Défense nationale pour faciliter son analyse. Celui-ci lui a fourni une version à jour du Manuel des coûts standard de 2014-2015, mais il a refusé les demandes de données précises sur l'opération IMPACT », peut-on lire dans le rapport.

« Plusieurs de ces refus semblent violer les obligations juridiques du ministère prévues à la Loi sur le Parlement du Canada. Des renseignements qui auraient également pu servir à l'analyse du DPB n'ont pas été fournis aux parlementaires en réponse à des questions inscrites au Feuilleton », ajoute-t-on.

Une grande partie de l’incertitude des estimations des coûts de l’opération IMPACT découle du fait que le ministère a retenu des informations.

Extrait du rapport de DPB

Malgré ces difficultés, le DPB dit s'être acquitté de sa tâche en « combinant l'estimation des coûts par analogie et les facteurs des coûts ». Ces facteurs sont :

  • le solde et les indemnités versées aux soldats;
  • les vivres et l'hébergement des soldats;
  • l'exploitation des aéronefs (ravitaillements initiaux, approvisionnement du théâtre d'opérations et exploitation régulière);
  • les munitions;
  • les véhicules et les moyens de communication déployés.

« Dans le cas des opérations aériennes, il s'agit d'estimations maximales et minimales fondées sur le rythme de l'opération IMPACT jusqu'à maintenant », précise le bureau dirigé par Jean-Denis Fréchette.

Tous ces coûts sont dits « différentiels », c'est-à-dire qu'ils représentent les coûts qui n'auraient pas été engagés si la mission n'avait pas eu lieu. Le DPB note que le coût final de la mission canadienne en Libye a été six fois plus élevé que le coût différentiel rapporté à l'origine.

Le rapport du DPB avait pour objectif de répondre aux questions de deux députés, le néo-démocrate Jack Harris et la libérale Joyce Murray, qui lui ont demandé d'évaluer les coûts d'une mission de 6 mois et de 12 mois. Selon le DPB, une mission de 12 mois coûterait plutôt entre 242 et 351 millions de dollars.

Notre dossier

Harper assure qu'il dit la vérité

À la Chambre des communes, mardi, le chef de l'opposition officielle Thomas Mulcair a argué que le rapport du DPB constitue une nouvelle preuve que le premier ministre Stephen Harper « change son histoire tout le temps » lorsque vient le temps de parler de la mission en Irak.

« Il n'a pas dit la vérité sur l'envoi de nos troupes sur la ligne de feu, il n'a pas dit la vérité sur le coût de la guerre en Irak – on vient d'en voir la preuve encore une fois, mais aujourd'hui, c'est le DPB qui est en train de nous [le] dire », a-t-il observé.

Si le premier ministre est si confiant que ça que sa guerre en Irak est une bonne idée, pourquoi diantre refuse-t-il de dire la vérité aux Canadiens et aux Canadiennes sur le coût de sa guerre?

Thomas Mulcair

Stephen Harper a rétorqué que son gouvernement « dit clairement la vérité sur le coût de notre mission avec nos alliés internationaux en Irak », comme il l'avait fait pour la « mission de combat aérienne » et l'assistance fournie aux forces de sécurité kurdes.

Je suis bien content de voir que les Canadiens appuient ces vérités. C'est seulement le NPD qui déteste la vérité.

Stephen Harper

Jusqu'à lundi, le gouvernement Harper avait toujours refusé de dévoiler les informations sur les coûts de la mission. Le nouveau ministre de la Défense Jason Kenney a finalement affirmé lundi, à la veille du dépôt du rapport de DPB, que les six premiers mois de la mission allaient coûter 122 millions de dollars.

« Nous trouvons que ces coûts sont très raisonnables étant donné l'importance de cette intervention, alors que les actions des Forces spéciales canadiennes et l'Aviation royale canadienne ont un impact significatif contre cette organisation terroriste génocidaire », a affirmé le ministre dans un communiqué.

Dans la cadre de sa participation à la coalition internationale contre l'État islamique, le Canada a déployé 600 soldats en Irak, ainsi que six avions de chasse CF-18 Hornet, deux avions de surveillance CP-140 Aurora, un avion de ravitaillement C-150T Polaris, un avion C-17 Globemaster et un avion de transport C-130J Hercules.

Le Canada a annoncé sa participation à la coalition internationale le 7 octobre dernier. La mission franchira donc le cap des six mois d'opérations le 7 avril.

 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique