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Réticences au retrait des armes lourdes en Ukraine

Des séparatistes prorusses près de Debaltseve
Des séparatistes prorusses près de Debaltseve Photo: Baz Ratner / Reuters
Radio-Canada

Forces gouvernementales ukrainiennes et une partie des séparatistes prorusses excluaient, mardi, l'option d'un retrait des armes lourdes de la ligne de front conformément aux dispositions de l'accord de Minsk en raison de la persistance des combats autour de la ville stratégique de Debaltseve.

Le protocole conclu à quatre (France, Allemagne, Ukraine et Russie) jeudi dernier dans la capitale bélarussienne s'est traduit par l'arrêt des combats dans de nombreuses zones de conflit dans le Donbass.

L'exception notable à cette tendance est la ville de Debaltseve, carrefour routier et ferroviaire, entre les deux fiefs séparatistes de Donetsk et de Louhansk.

Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), chargés de veiller au respect de la trêve, ont tenté de se rendre dans la ville où sont retranchés des soldats de l'armée ukrainienne.

Des discussions par téléphone doivent avoir lieu entre les observateurs de l'OSCE et les rebelles pour évoquer les moyens de mettre en place l'arrêt des combats.

Angela Merkel, qui s'est entretenue avec le président ukrainien Petro Porochenko et avec Vladimir Poutine, a fait état par la voix de son porte-parole de mesures concrètes pour garantir un libre accès des observateurs dans l'est ukrainien.

Il semble que les séparatistes prorusses ne l'entendent pas de cette oreille et ne soient pas prêts à arrêter les combats tant qu'ils n'auront pas pris Debaltseve, qu'ils considèrent comme faisant partie de leur « territoire intérieur ».

« Nous n'avons pas le droit [d'arrêter les combats à Debaltseve]. C'est une question morale. C'est un territoire intérieur », a dit Denis Pouchiline, un dirigeant rebelle, s'exprimant à Donetsk.

« Nous devons répondre à des tirs, travailler à détruire les positions combattantes ennemies. Nous sommes prêts à tout moment [à entamer un retrait des armes lourdes], nous sommes prêts pour un retrait mutuel. Nous ne ferons rien unilatéralement, nos soldats seraient pris pour cibles », a-t-il ajouté.

Les rebelles tentent de prendre la gare de la ville, mais celle-ci est toujours tenue par les forces gouvernementales, a dit le porte-parole de l'armée, Andriy Lissenko.

Zones contrôlées par les rebelles

 

Conditions non remplies

L'armée ukrainienne affirme de son côté qu'elle ne peut pas mettre en oeuvre un retrait des armes lourdes tant que les combats n'ont pas cessé.

« Le retrait ne peut intervenir que si le premier point des accords de Minsk est respecté avec un cessez-le-feu. Les tirs se sont poursuivis au cours des dernières 24 heures, il n'y a donc pas de cessez-le-feu », a expliqué Andriy Lissenko, ajoutant que les conditions n'étaient pas remplies pour le retrait.

Interrogé pour savoir si le repli des armes lourdes peut intervenir malgré une poursuite des combats à Debaltseve, il a répondu: « les accords de Minsk parlent d'un cessez-le-feu général. Donc ma réponse est "non, impossible". »

Le leader des séparatistes de la région de Louhansk a annoncé que ses troupes observaient les accords de Minsk et qu'elles retiraient leurs armes lourdes de la ligne de front. « Nous avons commencé à remplir nos obligations la nuit dernière », a déclaré Igor Plotnitsky.

Malgré une situation de blocage, le gouvernement allemand a annoncé qu'Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine avaient convenu de mesures concrètes pour permettre aux observateurs de l'OSCE de remplir leur mission de surveillance.

« La chancelière allemande et le président ukrainien ont appelé le président russe à exercer son influence sur les séparatistes pour mettre en oeuvre le cessez-le-feu », a dit Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière, dans un communiqué.

« Le retrait des armes lourdes devrait débuter mardi comme cela a été accepté à Minsk » lors de la réunion à quatre la semaine passée, a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont fait part de leur « grave inquiétude » concernant la poursuite des combats à Debaltseve et observent de près les informations sur l'envoi d'une nouvelle colonne d'équipement militaire russe dans cette région.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier

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