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Industrie de l'énergie verte : nul n'est prophète en son pays

Énergie verte : nul n'est prophète en sonpays
Radio-Canada

Les entreprises québécoises d'énergie verte se débrouillent bien à l'étranger, mais elles peinent à percer sur leur propre marché.

Un texte de Philippe LeblancTwitterCourriel

C'est aujourd'hui le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, premier accord international dont le but était de contraindre les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le traité a ouvert la voie à la croissance de ce qu'on appelle l'économie verte, les entreprises spécialisées en technologies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour améliorer l'efficacité énergétique.

Le Québec se distingue de plus en plus dans ce domaine mondialement, mais une telle reconnaissance est souvent difficile à obtenir à la maison.

C'est difficile au Québec, mais les entreprises trouvent des façons de faire des affaires à l'étranger. On vient de faire un sondage au Québec dans les énergies propres : 70 % des entreprises sont déjà à l'étranger.

Denis Leclerc, président d'Écotech Québec, organisme à but non lucratif qui vient en appui aux entreprises

L'entreprise montréalaise Sonitec Vortisand, qui fabrique des filtreurs à eau industriels afin d'économiser de l'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre dans certains pays, a d'ailleurs ouvert un bureau de vente à Dubaï, aux Émirats arabes unis, l'automne dernier.

Je pense qu'il est un petit peu vrai que quelques fois, on n'est pas prophète en son pays. Disons que là où c'est plus difficile, c'est d'avoir l'attention du marché, peut-être le catalyseur qui ferait qu'on aurait une reconnaissance à l'interne, du moins au Québec.

Marco Bosisio, directeur général de Sonitec Vortisand

Aide gouvernementale réclamée

Les entreprises québécoises réclament donc de l'aide gouvernementale pour la mise en marché de leurs produits.

Denis Leclerc, président d'Écotech QuébecDenis Leclerc, président d'Écotech Québec Photo : Radio-Canada

« Il y a différents programmes gouvernementaux qui existent ou qui existaient, dit Denis Leclerc d'Écotech Québec. On a eu au cours des dernières années des changements de gouvernement, des révisions de politique. Pendant ce temps-là, les programmes n'avaient pas vraiment d'argent pour aider les entreprises. Ce n'est pas la charité que les entreprises demandent! Elles demandent un coup de main pour créer de la richesse et créer des emplois au Québec. »

L'écologiste Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre, croit que le gouvernement québécois pourrait faire confiance aux entreprises d'ici dans le cadre de son programme d'achat de produits et services.

« Le gouvernement du Québec achète pour près de 30 milliards de dollars par année de biens et services, note Steven Guilbeault. Pourquoi ne pas intégrer dans les processus d'appel d'offres du gouvernement des éléments liés à l'empreinte écologique de ce qu'on va consommer? Ça encouragerait le développement et la commercialisation de technologies développées ici. Quand on regarde les États-Unis, par exemple, par tête de pipe, ils investissent de sept à huit fois plus que nous dans les énergies renouvelables. »

Après des années d'innovations et de créations, la prochaine étape pour les entreprises québécoises d'énergie verte sera de percer les lucratifs marchés de l'Inde et de la Chine en plus d'obtenir la reconnaissance qu'elles estiment mériter à la maison.

Pour voir la chronologie sur le protocole de Kyoto sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Le reportage de Philippe Leblanc est diffusé ce soir au Téléjournal sur ICI Radio-Canada Télé.

Environnement