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La police surveille la Ligue de défense juive de Montréal

Réunion de la Ligue de défense juive : précisions d'Émilie Dubreuil
Radio-Canada

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) tient à l'oeil l'installation de la Ligue de défense juive (LDJ) à Montréal, en collectant des informations sur l'organisation controversée. Les policiers n'ont toutefois rien à reprocher pour l'instant à ce groupe. La LDJ se réunira ce soir dans un hôtel du quartier Côte-des-Neiges pour recruter des nouveaux membres et finaliser l'ouverture de son chapitre montréalais.

Un article de Bahador ZabihiyanTwitterCourriel

« On est présentement à l'étape de la cueillette d'information », explique Ian Lafrenière, le porte-parole du SPVM, en entrevue téléphonique avec Radio-Canada. Ce dernier refuse de confirmer si le SPVM a pris contact avec la police de Toronto, où la LDJ est implantée depuis plusieurs années, mais il indique que les corps policiers, en général, se parlent régulièrement.

Parler à des collègues de travail, ça fait partie du mode d'observation [...] On se parle entre nous; nous autres, on aime bien ça partager de l'information

Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal

La priorité de la LDJ sera de mettre en place une équipe responsable de la « sécurité » qui pourra intervenir « rapidement », selon un courriel d'information envoyé aux membres. Ainsi, les gens qui font la promotion de la « haine envers les Juifs » devront faire face à « des conséquences sérieuses », lit-on dans le courriel.

Si intervenir rapidement, c'est de physiquement intervenir, moi, comme policier, je ne peux pas cautionner ça, pour l'instant on est dans la spéculation

Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal

Mais, « si intervenir rapidement c'est de donner un soutien aux victimes potentielles, si intervenir rapidement, c'est de donner des conseils de prévention, on ne peut qu'applaudir », ajoute le policier.

M. Lafrenière précise que le groupe, comme toute autre organisation communautaire, peut se réunir s'il le souhaite, tant qu'il respecte les lois en vigueur. « On agit, on réagit sur les agissements des gens, pas sur les connivences, sur leurs associations », dit-il. Ainsi, la LDJ va se réunir ce soir, dans à l'hôtel Ruby Foo's de Côtes-des-neiges. « Lundi soir, on n'encerclera pas de véhicules de police ce local-là », précise M. Lafrenière.

Pour l'instant, les organisations qui dénoncent la venue de la LDJ, comme le Collectif québécois contre l'islamophobie ou Voix juives indépendantes, n'ont pas prévu de rassemblement devant l'hôtel où le groupe controversé va se réunir.

Créée par un rabbin d'extrême droite

Sur le site de la LDJ, on constate que la plupart des activités sont constituées de conférences et de rassemblements. La LDJ dit qu'elle est disponible pour aider les organisations juives à assurer leur sécurité, et donne aussi des cours de krav maga, une technique de combat utilisée par les soldats israéliens. « Plus jamais, veut dire plus jamais! », peut-on lire sur la photo du compte Twitter de la LDJ canadienne, qui montre un fusil mitrailleur.

Dans les faits, la LDJ n'est pas un groupe centralisé, mais une mouvance plutôt disparate qui se base sur les enseignements du rabbin israélien d'extrême droite Meir Kahane, qui a été assassiné par un extrémiste arabe en 1990. La LDJ américaine a été qualifiée d'organisation « terroriste », « violente » et « extrémiste » par le FBI lors d'un procès en 2001. Deux de ses membres avaient alors comploté en vue de perpétrer un attentat contre une mosquée.

La LDJ canadienne explique que ses activités se sont toujours déroulées dans le respect des lois.

Lise Thériault ne commente pas

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Lise Thériault, a refusé de commenter le cas de la LDJ. « Nous tenons à rassurer les citoyens et à rappeler que si les organisations policières et les agences de renseignements qui collaborent ensemble pour lutter contre la radicalisation détiennent de l'information qui peut les amener à craindre que les activités d'un groupe ou d'une organisation risquent de compromettre ou de représenter une menace pour la sécurité des citoyens, ils ont tous les outils à leur disposition pour prendre les actions appropriées », a indiqué son attaché de presse, Jean-Philippe Guay, par courriel.

Société