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Saint-Pierre-et-Miquelon lorgne Moncton

Saint-Pierre-et-Miquelon

Saint-Pierre-et-Miquelon

Radio-Canada

Les autorités sanitaires de l'archipel français Saint-Pierre-et-Miquelon cherchent d'autres fournisseurs de soins de santé dans l'est du Canada, depuis que les coûts ont explosé chez son fournisseur habituel, Terre-Neuve-et-Labrador.

Depuis des décennies, les patients Saint-Pierrais et Miquelonnais qui ont besoin de soins spécialisés sont dirigés vers l'hôpital de Saint-Jean, à Terre-Neuve. Cependant, les coûts ont fortement augmenté, de 2010 à 2014. L'an dernier, l'archipel a dû verser 3 300 000$ au gouvernement terre-neuvien, une augmentation de près de 75 % par rapport à 2010, pour un nombre de patients moindre.

À partir du moment où on vous donne la qualité identique, mais avec un coût beaucoup plus important, il est normal qu'on aille voir ailleurs!

Jacqueline André-Cormier, Caisse de prévoyance sociale, Saint-Pierre-et-Miquelon
Jacqueline André-Cormier, Caisse de prévoyance sociale, Saint-Pierre-et-Miquelon

Jacqueline André-Cormier, Caisse de prévoyance sociale, Saint-Pierre-et-Miquelon

Photo : Ici Radio-Canada/Philippe Grenier

Saint-Pierre-et-Miquelon a commencé à regarder du côté d'Halifax et de Moncton, d'autant plus que les hôpitaux Queen Elizabeth II, d'Halifax, et Georges-Dumont, de Moncton, reçoivent déjà un certain nombre de Saint-Pierrais et de Miquelonnais. « On peut parler d'opération séduction, on est un client qui va faire son marché », explique Jacqueline André-Cormier.

Inquiétude chez les commerçants de Saint-Jean

Il y aura toujours des transferts vers Terre-Neuve-et-Labrador, à cause de la proximité géographique de cette province, mais le fait que Saint-Pierre-et-Miquelon regarde ailleurs inquiète les commerçants de Saint-Jean.

C’est vraiment un manque à gagner présentement pour Saint-Jean. Cet argent-là, ils sont en train de le dépenser à Moncton, à Halifax ou bien en métropole.

Stéphanie Bowring, Réseau de développement économique et d'employabilité, T.-N.-L.
Stéphanie Bowring, Réseau de développement économique et d'employabilité, T.-N.-L.

Stéphanie Bowring, Réseau de développement économique et d'employabilité, T.-N.-L.

Photo : Ici Radio-Canada/Philippe Grenier

Le ministre de la Santé de Terre-Neuve, Steve Kent, reconnaît que la perte des patients saint-pierrais et miquelonnais aura un impact économique sur la capitale terre-neuvienne, mais il défend les hausses imposées aux autorités françaises. « Il est normal de voir des hausses qui tiennent compte de l'inflation », dit-il.

À Saint-Pierre-et-Miquelon, la réflexion est bien entamée. Plusieurs facteurs seront considérés dans la décision qui sera prise par les autorités sanitaires : la facture des soins bien sûr, mais aussi la proximité, les conditions d'accueil et la capacité de servir les patients en français.

Une offre de services en français problématique

L'hôpital de Saint-Jean-de-Terre-Neuve offre actuellement les services de deux interprètes à ses patients saint-pierrais et miquelonnais. Cette offre est insuffisante, selon Jacqueline André-Cormier, de la Caisse de prévoyance sociale de l'archipel français. « Quand on est malade, on est malade dans sa langue. Les gens de Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas bilingues! »

Une solution consisterait à répertorier tous les membres du personnel bilingue, et à s'assurer de les affecter en nombre suffisant lorsque des patients français se font soigner à Saint-Jean. Le ministre Steve Kent trouve l'idée tout à fait logique, mais s'il croit qu'il pourrait être difficile d'assurer un service en français 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador croit aussi qu'un travail d'identification des travailleurs bilingues soit nécessaire. « Il y a plein de gens bilingues chez les infirmières déjà, mais il n'y a aucun réseautage qui est fait pour les identifier, et ça c'est un vrai défi », affirme Gaël Corbineau, directeur général de la Fédération.

La Fédération craint par ailleurs un effritement des services en français existants, comme le service d'interprétation, si jamais les patients français allaient se faire soigner ailleurs. « Nous craignons qu'il diminue largement en termes de capacité opérationnelle, voire qu'il disparaisse complètement si Saint-Pierre-et-Miquelon se désengage de l'hôpital de Saint-Jean », dit Gaël Corbineau.

Lueur d'espoir, pour les francophones de Terre-Neuve-et-Labrador: 84 employés de la Régie de santé de l'Est suivent actuellement des cours de français.

Acadie

Santé