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Malgré le cessez-le-feu, les combats continuent en Ukraine

Un convoi de l'armée ukrainienne à Debaltseve, le 15 février 2015.
Un convoi de l'armée ukrainienne à Debaltseve. Photo: Gleb Garanich / Reuters
Radio-Canada

Dans l'est de l'Ukraine, d'intenses combats se poursuivent toujours lundi, malgré le cessez-le-feu officiellement entré en vigueur en fin de semaine. L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses s'accusent mutuellement de violer l'accord et le retrait des armes lourdes de la ligne de front semble maintenant compromis.

L'armée ukrainienne affirme que 5 soldats ont été tués et 25 autres, blessés à Marioupol depuis le cessez-le-feu, et que Debaltseve, lien routier et ferroviaire liant les deux républiques autoproclamées des prorusses, Donetsk et Louhansk, continue d'être attaqué sans relâche.

« Nous et les forces armées ukrainiennes respectons pleinement le régime de cessez-le-feu, mais malheureusement nous avons subi en réponse 112 attaques dans les dernières 24 heures », a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine.

Un porte-parole militaire, Anatoli Stelmakh, soutient que 90 de ces attaques ont visé Debaltseve, qui est sous contrôle de l'armée ukrainienne, mais encerclée par les prorusses. Selon lui, les rebelles « ont reçu l'ordre de prendre Debaltseve à tout prix », et les soldats ukrainiens « n'ont tiré que pour riposter. »

Un commandant séparatiste prorusse a effectivement estimé dimanche que les rebelles avaient le droit de tirer sur Debaltseve, malgré le cessez-le-feu, parce qu'il s'agit d'un territoire qui leur appartient.

« La journée était tranquille hier quand cela ne tirait qu'à l'arme à feu, mais aujourd'hui tout a repris, des explosions sont audibles en permanence », affirme une responsable de la mairie de Debaltseve, Natalia Karabouta. « Les gens ne peuvent plus partir, car on tire sur la route (...) Ils n'ont rien... ni pain ni eau. »

Zones contrôlées par les rebelles

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui doit surveiller la mise en application de l'accord de cessez-le-feu convenu la semaine dernière à Minsk, a fait savoir dimanche que ses observateurs ont été empêchés de se rendre à Debaltseve par les rebelles prorusses.

À Louhansk, à environ 15 kilomètres au nord-ouest de Debaltseve, des journalistes de l'Associated Press disent entendre des bombardements soutenus et réguliers. Selon eux, les tirs viennent vraisemblablement des forces ukrainiennes.

Les prorusses accusent en outre l'armée ukrainienne de tirer sur l'aéroport de Donetsk, dont les rebelles ont pris le contrôle en janvier, après des combats acharnés contre les soldats ukrainiens qui le tenaient.

Le retrait des armes semble compromis

L'accord de Minsk prévoit un retrait des armes lourdes des deux côtés de la ligne de front dans les 48 heures suivant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, samedi à 17 h (HNE) afin de créer une zone de sécurité d'au moins 50 km de large de part et d'autre.

Mais dans le contexte actuel, personne ne semble disposé à aller de l'avant avec cette disposition-clé de l'entente.

« La condition préalable au retrait des armes lourdes est le respect du premier point des accords de Minsk - le cessez-le-feu. Cent douze attaques ne témoignent pas du respect d'un cessez-le-feu. Pour l'heure, nous ne sommes pas disposés à retirer nos armes lourdes », a déclaré le porte-parole des forces gouvernementales, Andriy Lissenko.

Les rebelles prorusses ne disent d'ailleurs pas autre chose. « Le retrait d'armes lourdes [...] ne peut être réalisé que sous certaines conditions et notamment après l'arrêt total des tirs », a déclaré un responsable militaire des prorusses, Edouard Bassourine, cité par l'agence officielle des rebelles DAN.

Une porte-parole du service diplomatique de l'Union européenne, Maja Kocijancic, estime néanmoins que le cessez-le-feu « tient largement, malgré un certain nombre d'incidents ». Selon elle, il est cependant « impératif que le cessez-le-feu soit pleinement mis en œuvre ».

« Un cessez-le-feu est un cessez-le-feu, ce qui signifie que les tirs doivent cesser », a-t-elle cru bon d'ajouter.

Nouvelles sanctions européennes

L'Union européenne a par ailleurs publié lundi une nouvelle liste noire de personnes et entités sanctionnées pour leur implication dans le conflit. Les noms de 19 personnalités et de 9 entités y ont été ajoutés.

Parmi les personnes visées, on retrouve :

  • Arkhaby Bakhin, premier vice-ministre de la Défense;
  • Anatoly Antonov, vice-ministre de la Défense;
  • Andrei Kartapolov, chef adjoint de l'état-major général des forces armées russes;
  • Joseph Kobzon et Valery Rashkin, députés à la Douma.

Les noms de hauts responsables politiques et militaires des républiques autoproclamées de Donetsk et Louhansk et des bataillons rebelles ont aussi été ajoutés à la liste, qui comprend maintenant 151 noms et 37 entités. Tous ces gens sont interdits de voyage dans l'Union européenne, et leurs avoirs y sont gelés, le cas échéant.

Cette nouvelle liste avait été décidée avant l'accord de Minsk, mais son application avait été différée.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

International