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Alzheimer : un outil pour faciliter les recherches des aînés qui fuguent

Le SPVQ a mis sur pied un outil pour faciliter les recherches en cas de disparition.

Le SPVQ a mis sur pied un outil pour faciliter les recherches en cas de disparition.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au moment où l'Alzheimer gagne du terrain à Québec et au pays, la police de Québec compte sur un outil mis en place il y a quelques mois pour accélérer les recherches de personnes atteintes de la maladie qui ont tendance à s'égarer. Dans la Vieille Capitale, 50 % des cas de disparitions traités par la police concernent des personnes atteintes de maladies cognitives, principalement d'Alzheimer.

L'errance est un problème courant chez les personnes atteintes d'Alzheimer, confirme François-Y. Bouchard, sergent à l'unité de prévention du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

« Je pourrais dire que plusieurs fois par semaine, on a des plaintes de disparition. »

— Une citation de  François-Y. Bouchard du SPVQ

Afin de résoudre le problème, le SPVQ, en collaboration avec les policiers de Thetford Mines, a mis sur pied un questionnaire. Il s'agit d'un formulaire disponible sur Internet à remplir d'avance pour accélérer les recherches en cas de disparition.

La fiche contient bien entendu la description physique de l'individu, mais aussi ses anciennes adresses, car les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer qui fuguent ont souvent tendance à retourner aux endroits où elles ont déjà habité.

L'outil, que les proches des victimes de la maladie d'Alzheimer peuvent remplir sur une base volontaire, fournit une aide précieuse pour les enquêteurs du SPVQ.

« Dans la nervosité, souvent, les gens vont avoir de la difficulté à nous donner plusieurs éléments d'information. Donc, vraiment, on accélère le processus »

— Une citation de  François-Y. Bouchard

L'outil a été mis sur pied il y a un peu plus d'un an. Le SPVQ a par ailleurs distribué quelque 12 000 formulaires dans plusieurs résidences pour personnes âgées de la région de Québec, où près de 15 000 personnes souffrent de la maladie d'Alzheimer.

Sans pouvoir donner d'exemples concrets, François-Y. Bouchard assure que l'outil en question a permis d'accélérer les recherches de personnes âgées portées momentanément disparues.

Une maladie en progression

En plus d'avoir recours à l'outil mis sur pied par la SPVQ, certaines résidences pour ainés misent sur d'autres mesures afin de prévenir les fugues. C'est le cas au CHSLD Saint Brigid's Home, situé sur le chemin Saint-Louis, dans l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge.

Lucie Desmeules, conseillère-cadre en milieu de vie au CHSLD Saint Brigid's Home, avec notre journaliste Marie Maude PontbriandAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lucie Desmeules, conseillère-cadre en milieu de vie au CHSLD Saint Brigid's Home

L'établissement a notamment peint une bibliothèque sur une porte, question de faire diversion. La peinture donne l'illusion qu'il s'agit d'un mur et qu'il n'y a pas d'issue, empêchant ainsi les personnes atteintes d'Alzheimer de franchir la porte, explique Lucie Desmeules, conseillère-cadre en milieu de vie au CHSLD Saint Brigid's Home.

Rappelons qu'ils sont nombreux au pays à souffrir de troubles cognitifs. 747 000 personnes vivent avec l'Alzheimer au Canada. La maladie affectera près de 1,4 million de Canadiens dans moins de 20 ans. Au fil des ans, Lucie Desmeules a d'ailleurs été en mesure de constater l'augmentation du nombre de résidents aux prises avec des déficits cognitifs au sein de son établissement.

« Quand on a ouvert l'unité prothétique, il y a 14 ans, on avait l'impression d'être un petit peu en avant de la parade [...] On avait à peu près 25 % de nos résidents qui avaient des déficits cognitifs ou des atteintes de type démence versus le reste de la clientèle. Aujourd'hui, on est plus dans les 75 %, 80% », dit-elle.

Claudia Dollard montre des photos à sa mère, Gilberte, pour faire travailler sa mémoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claudia Dollard montre des photos à sa mère, Gilberte, pour faire travailler sa mémoire.

Une maladie qui concerne tout le monde

La maladie d'Alzheimer bouleverse l'existence de ceux qui en souffrent, mais aussi la vie de leurs proches.

C'est le cas de Claudia Dollard, qui a récemment dû déménager sa mère, Gilberte, au CHSLD Saint Brigit's Home pour assurer sa sécurité.

Claudia Dollard a pris soin de sa mère pendant plusieurs années. Elle s'est aperçue qu'elle souffrait de la maladie d'Alzheimer à la suite d'un événement en particulier.

La majorité des proches aidants sont des femmes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La majorité des proches aidants sont des femmes.

Photo : ICI Radio-Canada

« C'était la question de son manteau d'hiver, un manteau qu'elle adorait, qu'elle avait eue l'hiver précédent. Elle le portait tout l'hiver et puis l'hiver vient, et je lui dis : "Mommy, va chercher ton manteau, ton beau manteau orangé que t'aimes tant". "Ben non, ce n'est pas à moi ce manteau-là, je n'ai jamais porté ça" », se souvient-elle.

Au fil du temps, Claudia Dollard s'est rendue à l'évidence : la tâche devenait trop lourde et trop risquée. « Elle ouvre le four pour mettre des guenilles mouillées [...] pour les faire sécher. Souvent, elle sortait dehors et puis elle s'en allait dans le milieu de la rue », raconte Claudia Dollard.

Beaucoup de mystère plane toujours autour des causes exactes de la maladie. Pour le moment, aucun remède n'a encore été trouvé.

D'après les informations de Marie Maude Pontbriand

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