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Grève au CP : Ottawa menace de forcer le retour au travail

Vers une loi spéciale
Radio-Canada

Le gouvernement fédéral veut forcer le retour au travail de 3300 employés du Canadien Pacifique, avec le dépôt aujourd'hui d'un projet de loi spéciale, moins de 48 heures après le déclenchement de la grève.

En raison du conflit de travail, des trains de marchandises sont immobilisés un peu partout au pays. Dans la région de Montréal, trois lignes de trains de banlieue sont paralysées, ce qui touche 19 000 personnes quotidiennement.

Les membres de la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC) sont entrés en grève la nuit dernière, incapables de s'entendre avec leur employeur.

Le gouvernement Harper avait affiché ses intentions dès vendredi, dans le feuilleton des avis de la Chambre des communes.  La ministre fédérale du Travail, Kellie Leitch, encourage entre temps les deux parties à reprendre rapidement les pourparlers, afin de conclure un accord négocié. 

En 2012, le gouvernement conservateur avait déposé un projet de loi spéciale pour forcer les employés du CP à retourner au travail, après un peu moins d'une semaine de grève. Des lois spéciales ont aussi été adoptées lors des conflits de travail chez Air Canada, Postes Canada et au Canadien National.

Le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, s'est dit favorable à une intervention du gouvernement fédéral. « Le levier économique qu'ils ont aura un impact majeur. Je crois que ce serait une sage décision de permettre aux trains de passagers de circuler au Québec », a-t-il soutenu.

Pour sa part, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice estime qu'un projet de loi spéciale va à l'encontre du jugement de la Cour suprême du Canada qui a déterminé que le droit de grève constitue un élément essentiel du processus de négociation collective.

Les trains de banlieue paralysés

L'arrêt de travail au CPentraîne de lourdes conséquences pour les usagers des lignes de trains de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Hudson et Saint-Jérôme, qui sont exploités par des conducteurs du CP. Du lundi au vendredi, quelque 19 000 personnes se déplacent chaque jour avec les trains de banlieue dans la région montréalaise.

L'Agence métropolitaine de transport (AMT) a mis en place, dès lundi matin, un service d'autobus, offert en continu. Les autobus ne suivront donc pas l'horaire habituel des trains.

« Malheureusement, notre plan de contingence est limité par la disponibilité d'autobus. Notre clientèle est donc invitée à utiliser les mesures mises en place par l'AMT, mais aussi à utiliser des solutions alternatives de transport puisque nous ne pourrons suffire à la demande », a indiqué M. Nicolas Girard, président-directeur général de l'AMT.

L'AMT a déposé une demande d'injonction, vendredi, pour que le Canadien Pacifique assure un service minimum pour les trains de banlieue que l'entreprise exploite. La demande a été refusée.

La grève au CP va aussi perturber le transport des marchandises - notamment les céréales et le pétrole -  à travers le pays. Les pertes évaluées pour l'économie canadienne sont de 200 à 500 millions de dollars par semaine.

Échec des négociations

Les cheminots et les conducteurs du CP avaient jusqu'à samedi soir pour s'entendre. Les négociations achoppent sur l'installation de caméras de surveillance à bord des locomotives, de même que sur la gestion de la fatigue.

« Ces gens opèrent des trains qui ont quatre kilomètres de long et ça demande beaucoup d'attention. Un seul moment d'inattention peut créer un accident grave ou un déraillement », précise Stéphane Lacroix, directeur des communications du CFTC.

M. Lacroix ajoute qu'en 2012, le syndicat avait mis en garde le gouvernement et le CP de l'urgence de négocier la gestion de la fatigue.

La dernière fois [en 2012], on avait opéré les trains de banlieue sans faire de soucis, sans rouspéter. Malheureusement, ils ont fait la sourde oreille et nous n'avions pas d'autre choix que d'aller en grève.

Stéphane Lacroix,directeur des communications du CFTC.

La CFTC rappelle avoir déjà conclu avec d'autres employeurs des ententes qui prévoyaient des mesures contre la fatigue de ses travailleurs, et espère en faire de même avec le CP.

Une entente de principe au CN et pour Unifor

Par ailleurs, une entente de principe a été adoptée samedi après-midi entre le Canadien National (CN) et les Teamsters, qui comptent 1800 mécaniciens de locomotive membres de leur syndicat.

Quant aux employés du Canadien Pacifique syndiqués sous Unifor, ils se sont entendus avec la partie patronale. Unifor représente 1200 travailleurs chargés de l'entretien des trains.

La valeur des marchandises transportées chaque année par le CN est évaluée à 250 milliards de dollars.

Avec les informations de La Presse canadienne

Société