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Mohamed Fahmy est en liberté, mais son avenir demeure nébuleux

Le compte rendu de Marie-Eve Bédard
Radio-Canada

Mohamed Fahmy goûte à nouveau la liberté : le journaliste canadien d'origine égyptienne du réseau Al-Jazira a été libéré sous caution vendredi par les autorités égyptiennes.

Quelques heures à peine après que les gardes lui eurent annoncé qu'il pouvait sortir de l'hôpital policier, le journaliste est retourné sur les lieux de son arrestation, l'hôtel Marriott du Caire, histoire de prendre l'air et de profiter du soleil sur la terrasse avec sa fiancée, Madwa.

Au terme de plus de 400 jours d'incarcération, Mohammed Fahmy s'est dit heureux de retrouver sa fiancée et ses parents, qui vivent normalement à Montréal mais qui se trouvent au Caire en ce moment.

En prison pour la liberté de presse

Les autorités égyptiennes ont également libéré sous caution le collègue de M. Fahmy, Baher Mohamed.

Une vidéo tournée par Al-Jazira montre M. Mohamed souriant, entouré de sa femme et de ses enfants. Ce journaliste égyptien affirme, dans la vidéo, qu'il est fier de chaque moment passé en prison.

« Si je pouvais reculer dans le temps, dit-il, je choisirais la même expérience. » Sa détermination, Baher Mohamed la puise dans sa conviction de se battre pour une cause juste : la liberté de presse.

« Je ne reculerai pas », dit-il.

400 jours derrière les barreaux

Rappel des faits : les autorités du Caire avaient arrêté Mohamed Fahmy, Baher Mohamed et Peter Greste, un Australien, lors d'une perquisition dans la chambre d'hôtel à partir de laquelle ils couvraient les manifestations qui ont éclaté après la chute du président islamiste, Mohammed Morsi.

Les journalistes ont été accusés de collaborer avec les Frères musulmans, désormais considérés comme une organisation terroriste en Égypte. C'était en décembre 2013.

Après plus de 400 jours d'incarcération, la liberté dont jouissent actuellement les deux hommes n'est qu'une trêve.

De retour au tribunal le 23 février

Mohamed Fahmy et Baher Mohamed doivent se présenter de nouveau devant la justice le 23 février, pour la suite de leur nouveau procès.

D'ici là, les deux journalistes doivent se présenter chaque jour au poste de police.

« Mon frère a été libéré. Je prends des congés avant qu'il ne soit arrêté à nouveau », a écrit en ironisant sur Twitter Adel Fahmy, qui devait payer la caution de 41 000 $ réclamée pour la libération de son frère parce que la justice égyptienne craint qu'il ne prenne la fuite.

Libéré au saut du lit

Mohamed Fahmy a été réveillé vers 3 h vendredi matin par des gardes qui lui ont annoncé sa libération.

« Vous ne pourriez pas attendre un peu que je finisse de dormir? », a demandé M. Fahmy. Les gardes ont rétorqué que non : « C'est maintenant ».

En dépit de cette liberté, accordée comme un sursis, l'avenir demeure nébuleux, tant pour M. Fahmy que pour son collègue Baher Mohamed. 

L'avocate de la famille Fahmy, Me Amal Clooney, est encouragée par la libération sous caution de Mohamed Fahmy, mais elle estime que la cause n'est pas terminée.

Elle déplore que M. Fahmy n'ait pas été expulsé comme son ex-collègue Peter Greste.

« Il n'y a pas d'obstacle à son transfert immédiat au Canada, et le premier ministre Harper devrait intervenir personnellement pour s'assurer que la promesse qui a été faite par le gouvernement égyptien à son gouvernement, et à ses citoyens, soit honorée », a déclaré Me Clooney.

Avec les informations de Marie-Ève Bédard

Avec les informations de La Presse canadienne

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