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Vaccination : ce n'est pas une opinion, c'est un fait, rappelle Couillard

Le compte rendu d'Émilie Dubreuil
La Presse canadienne

Le premier ministre Philippe Couillard ne cache pas sa frustration face à l'entêtement des citoyens qui refusent de faire vacciner leurs enfants. Des éclosions de rougeole sont constatées au sein de groupes réticents à la vaccination.

Selon le quotidien La Presse, une famille de Lanaudière, membre d'un « mouvement spirituel » qui décourage la vaccination, s'est avérée à son retour de voyage le vecteur de propagation de la rougeole au sein de la communauté, qui compte maintenant une dizaine de cas confirmés.

Le message qu'il faut envoyer aux parents du Québec, c'est un message de responsabilité. Écoutez, on est sur un terrain scientifique très solide avec la vaccination.

Philippe Couillard

M. Couillard a admis une certaine impuissance face à cette situation, rappelant que les gouvernements ont les mains liées sur le plan législatif et ne peuvent rendre la vaccination obligatoire.

Le premier ministre n'a tout de même pas raté l'occasion de rappeler quelques notions de base : « Ce ne sont pas seulement des opinions, ce sont des faits : [on doit] rappeler aux gens que la vaccination, c'est la base même de la santé publique. Pourquoi n'y a-t-il plus de polio chez nous? Pourquoi n'y a-t-il plus d'épidémies comme on avait il y a quelques années? C'est parce qu'on a la vaccination », a-t-il répété avec insistance.

Il a également fait valoir, en tant que médecin, que même si la rougeole est une maladie bénigne la plupart du temps, elle peut aussi entraîner des complications, y compris des complications cérébrales très graves pour les enfants, une réalité dont il a été personnellement témoin comme médecin.

Ayant vu des enfants victimes de graves complications de la rougeole, je ne comprends pas encore qu'on veuille se soustraire à ça et qu'on veuille soustraire nos enfants à ça, ce qui est encore plus sérieux.

Philippe Couillard

La vaccination reste populaire, malgré des poches de résistance

Un nouveau sondage national sur la vaccination suggère que le soutien à l'égard de cet outil de prévention des infections demeure relativement élevé au pays. Près de 9 répondants sur 10 continuent de croire que cette piste de solution peut les protéger contre les maladies.

Cependant, certains résultats donnent à penser que l'appui dont jouit la vaccination est loin d'être optimal et qu'il est en train de s'estomper, selon le Dr Kumanan Wilson, un chercheur qui a étudié le phénomène du rejet des vaccins.

Ce médecin de l'Hôpital d'Ottawa a précisé que si de nouveaux reculs étaient constatés au chapitre du soutien à la vaccination, il y aurait lieu de s'inquiéter. Il a ajouté que la tendance ne semblait pas aller dans « la bonne direction ».

De manière générale, les personnes sondées âgées de 55 ans et plus étaient largement favorables aux vaccins et elles tendaient également à appuyer l'idée de les imposer aux enfants faisant leur entrée à l'école.

Par contre, certains adultes plus jeunes ne se rangeaient pas dans le même camp.

Par exemple, 9 % des répondants âgés de 18 à 34 ans se sont décrits comme étant contre la vaccination, et 26 % d'entre eux ont affirmé qu'ils peinaient à se positionner par rapport à cet enjeu.

Chez les 35 à 54 ans, la proportion des opposants était de 5 % et le taux d'ambivalents était de 16 %.

Ces statistiques en font sourciller plusieurs, car les personnes appartenant à ces deux dernières catégories sont les plus susceptibles d'avoir des enfants et de devoir décider de les faire vacciner ou non.

Malgré tout, Shachi Kur, la vice-présidente de l'Institut Angus Reid, qui a fait le sondage, considère que les résultats sont largement positifs.

Ce qui a été découvert, c'est que les Canadiens affirment, dans une forte proportion, que les vaccins sont efficaces pour prévenir les maladies.

Shachi Kurl

En tout, 88 % des répondants ont affirmé qu'à leurs yeux, la vaccination permet de prévenir les maladies sur une base individuelle, et 86 % d'entre eux ont mentionné qu'elle a le même effet à l'échelle de la communauté.

De plus, 83 % des parents sondés ont dit qu'ils feraient certainement vacciner leur progéniture.

Ce taux ne serait cependant pas suffisant pour maintenir l'immunité grégaire, qui correspond au degré de protection nécessaire pour empêcher des maladies comme la rougeole, les oreillons et la varicelle de circuler au sein de la population.

Le sondage en ligne a été effectué par l'Institut Angus Reid, un groupe sans but lucratif qui a financé l'enquête. Au total, 1509 adultes canadiens ont été sondés entre le 9 et le 11 février.

Selon l'Association de la recherche et de l'intelligence marketing, les sondages menés sur Internet ne peuvent comporter de marge d'erreur, car l'échantillonnage n'est pas aléatoire et il n'est donc pas nécessairement représentatif de l'ensemble de la population.

Le sondage a été rendu public à un moment où le débat sur la vaccination est particulièrement chaud à la suite de l'apparition de cas de rougeole au Québec et en Ontario.

Santé