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Mosquée à Shawinigan : le maire cède à la pression de ses citoyens

Le reportage de Marie-Ève Cousineau
Radio-Canada

Les élus de Shawinigan se sont expliqués ce matin, deux jours après leur décision de refuser le changement de zonage nécessaire à l'implantation d'une mosquée dans le parc industriel.

Lors d'un point de presse, le maire Michel Angers a affirmé que plus l'adoption finale du règlement approchait, plus la pression montait auprès des élus. Il a expliqué que les conseillers et lui ont reçu de nombreux appels téléphoniques, des courriels, des textos et des messages sur les médias sociaux au cours des dernières semaines.

Il y a des demandes qui arrivaient [...] d'un peu partout à travers le Québec, des demandes pressantes justement guidées par la peur pour qu'on n'accorde pas ce changement de zonage pour des activités religieuses fort probablement parce que c'était une communauté musulmane.

Michel Angers, maire de Shawinigan

Il a confié au journaliste que cette décision a été extrêmement difficile à prendre pour lui et qu'elle bouscule ses valeurs personnelles, mais qu'au-delà de celles-ci, il a tenu à être solidaire des décisions de son conseil et qu'il le demeure.

Il interpelle le premier ministre Philippe Couillard et la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, leur demandant d'assurer la sécurité de l'ensemble des citoyens du Québec et en même temps de travailler avec les municipalités pour un rapprochement de toutes les communautés.

Les gens de Shawinigan n'ont pas peur des musulmans, ils se connaissent, ce sont leurs voisins. Ce dont ils ont peur, c'est de ce qui pourrait venir d'ailleurs.

Michel Angers, maire de Shawinigan

Le Centre culturel musulman, qui est derrière le projet de mosquée, a préféré s'abstenir de tout commentaire pour le moment. Une rencontre du conseil d'administration est prévue samedi. Il se dit toutefois ouvert à discuter avec la Ville pour en arriver à une entente à l'amiable

Réponse laconique de Québec

Questionné sur le sujet, le cabinet du premier ministre, Philippe Couillard a répondu par ces quelques lignes.

« La sécurité de la population est notre priorité numéro un. Déjà, des mesures sont en place pour s'assurer de la détection des situations problématiques. Les forces policières travaillent en collaboration. Nous travaillons en prévention, en détection et en répression. Nous ne tolérerons jamais des gestes qui mettraient en péril la sécurité de la population québécoise. Cet avis est partagé par tous les Québécois de toutes les origines. Le premier ministre a rencontré des membres de la communauté musulmane qui condamnent eux aussi les comportements radicaux. »

Société