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Égypte : le journaliste Mohamed Fahmy est libéré

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Mohamed Fahmy brandit le drapeau égyptien en cour.

Photo : La Presse canadienne / Hassan Ammar

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le journaliste canadien d'origine égyptienne Mohamed Fahmy a été libéré sous caution vendredi et a quitté la prison du Caire où il était emprisonné depuis plus de 400 jours. Son frère, Adel Fahmy, et le réseau anglophone d'Al-Jazira, pour lequel il travaille, ont confirmé sa libération.

Le collègue égyptien de Mohamed Fahmy, Baher Mohamed, est aussi sorti de prison, a annoncé sa famille.

Mohamed Fahmy a publié ce message à sa première journée en liberté.

Jeudi, un juge égyptien avait annoncé que Mohamed Fahmy et Baher Mohamed seraient libérés sous caution samedi en attendant leur nouveau procès, ajourné au 23 février.

« Mon frère a été libéré. Je prends des congés avant qu'il ne soit arrêté à nouveau », a ironisé sur Twitter Adel Fahmy, qui devait payer la caution de 41 000 $ (250 000 livres égyptiennes) réclamée pour la libération de son frère, dont la justice égyptienne craint la fuite.

Mohamed Fahmy a besoin de soins médicaux pour traiter une hépatite C et une blessure à l'épaule qui nécessitera une ou plusieurs opérations. En prison, il a reçu des soins pour son épaule, mais pas pour son hépatite.

Baher Mohamed, lui, a pu être libéré en contrepartie d'un engagement à comparaître pour le reste de son procès.

« Nous avons terminé les procédures pour la libération de mon frère il y a peu », a déclaré à l'AFP le frère de Baher Mohamed, Assem Mohamed. « Il est chez lui pour la première fois depuis plus d'un an », a-t-il ajouté.

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Baher Mohamed, le 23 juin 2014

Photo : AP/Heba Elkholy

Renoncer à sa citoyenneté

Emprisonnés en Égypte depuis plus d'un an, Mohamed Fahmy et ses deux collègues d'Al-Jazira - l'Australien Peter Greste et Baher Mohamed - ont été arrêtés en décembre 2013 et reconnus coupables d'accusations liées au terrorisme et d'avoir fabriqué de fausses informations de nature à ternir l'image de l'Égypte. Ils ont été condamnés à des peines de 7 à 10 ans de prison.

Un appel en janvier leur avait permis d'obtenir un nouveau procès. Peter Greste a été libéré et expulsé vers l'Australie, il y a une semaine, grâce à une nouvelle loi permettant au président égyptien d'expulser des étrangers accusés ou reconnus coupables d'un crime.

M. Fahmy, 40 ans, a récemment renoncé à sa citoyenneté égyptienne dans l'espoir d'être lui aussi expulsé.

« Je n'ai pas demandé à abandonner ma citoyenneté égyptienne, on m'a demandé de le faire », a dit Fahmy au juge, jeudi.

Le journaliste soutient que des fonctionnaires égyptiens lui ont demandé de renoncer à sa citoyenneté parce que son cas était devenu un « cauchemar » pour le pays. « La citoyenneté ne se résume pas à un bout de papier, c'est dans le coeur », lui a précisé un des responsables du gouvernement.

Mohamed Fahmy a brandi un drapeau égyptien devant le juge, puis devant l'assistance, au grand plaisir de cette dernière qui l'a applaudi.

Jeudi, Mohamed Fahmy et Baher Mohamed ont aussi reçu l'ordre de ne pas quitter leur « patrie » et de se rapporter à un commissariat de police chaque matin. L'avocat égyptien de Fahmy, Khaled Abou Bakr, a dit ne pas savoir si cela vise à empêcher son client de quitter l'Égypte.

Ottawa veut sa libération complète

« Tout en saluant la libération conditionnelle de Mohamed Fahmy, nous continuons de réclamer sa libération complète sur-le-champ », a déclaré jeudi la ministre d'État aux Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yelich, par voie de communiqué. « La perspective d'infliger un nouveau procès à M. Fahmy est inacceptable et le Canada préconise pour ce dernier le même traitement que les autres ressortissants étrangers. »

Mme Yelich avance que le premier ministre canadien, Stephen Harper, a personnellement évoqué le cas de M. Fahmy avec le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi. Les responsables canadiens ont également rappelé le cas de M. Fahmy à leurs homologues égyptiens à 19 reprises au cours des deux dernières semaines.

De passage à Victoriaville pour faire une annonce sur les délinquants violents récidivistes, le premier ministre a confirmé que son gouvernement et lui-même étaient en contact avec les autorités égyptiennes depuis un moment.

« Nous continuerons de faire pression pour sa libération, et nous avons bon espoir que cette cause sera résolue. »

— Une citation de  Stephen Harper

Priorité de la famille Fahmy : la déportation au Canada

L'avocate de la famille Fahmy, Me Amal Clooney, est encouragée par la libération sous caution de Mohamed Fahmy, mais elle estime que la cause n'est pas terminée. Elle déplore que M. Fahmy n'ait pas été expulsé comme son ex-collègue Peter Greste.

« Il n'y a pas d'obstacle à son transfert immédiat au Canada, et le premier ministre Harper devrait intervenir personnellement pour s'assurer que la promesse qui a été faite par le gouvernement égyptien à son gouvernement, et à ses citoyens, soit honorée », a déclaré Me Amal Clooney.

La reprise du procès est prévu pour le 23 février.

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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