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Pas de partenariat public/catholique pour les élèves francophones de Hamilton

Mésentente sur un éventuel partenariat scolaire à Hamilton

Le conseil scolaire Viamonde se désole de voir que le conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS) a rejeté un partenariat pour servir leurs élèves respectifs à Hamilton. Le conseil scolaire catholique affirme qu'il a plutôt besoin de reconstruire l'école secondaire Académie catholique Mère-Teresa sur son emplacement actuel.

Le ministère de l'Éducation de l'Ontario a offert à la mi-janvier aux deux conseils scolaires près de 26 millions de dollars que les deux conseils se partageraient pour notamment financer la construction d'une école de 700 places pour des élèves francophones de la 7e à la 12e année.

L'offre est assortie d'un achat de terrain à Hamilton qui n'appartiendrait ni au conseil catholique ni au conseil Viamonde, dont les élèves se trouvent également à l'étroit à Hamilton.

Le CSDCCS soutient que la proposition du ministère est insuffisante en termes d'argent, mais aussi en termes de formule.

Exemples de partenariats publics/catholiques : 

  • À Iroquois Falls, l'école secondaire catholique l'Alliance et l'école secondaire publique l'Alliance sont issues d'un partenariat public/catholique et existent depuis le printemps 2001. Selon le site Internet de l'établissement, « Le personnel, les locaux et les ressources de ces deux écoles furent alors mis en commun et une nouvelle entité éducationnelle innovatrice a vu le jour [...]Mais ne vous laissez pas tromper par ces deux noms d'école qui se retrouvent sur l'édifice, car pour toute fin pratique, ces deux écoles fonctionnent comme une seule école secondaire ».
  • À Toronto, l'école secondaire catholique Saint-Frère-André et l'école secondaire Toronto Ouest partagent le même édifice.

Le conseil scolaire catholique reconnaît que de tels partenariats existent ailleurs, mais il affirme que cela ne fonctionnerait pas à Hamilton. Sa présidente, Melinda Chatrand, précise que « les parents nous ont demandé d'avoir une école sans avoir à entrer dans un partenariat avec un autre conseil scolaire étant donné que nous avons les effectifs nécessaires pour une école de 500 élèves ».

Plus de 200 parents ont effectivement participé à une rencontre à ce sujet mardi à Hamilton au cours de laquelle ils se sont opposés à tout partenariat scolaire.

Le CSDCCS ajoute par ailleurs que le terrain de l'Académie Mère-Teresa lui appartient et qu'il n'est donc pas question de le partager avec un autre conseil, que ce soit en y construisant deux écoles séparées ou une seule école catholique et publique.

Poursuite contre la province

Le conseil scolaire souligne que cela fait 50 ans que la communauté catholique de langue française dans cette région attend un nouvel établissement. Les murs de l'Académie Mère-Teresa sont mal isolés et tombent en décrépitude, sa cafétéria ne peut accueillir tous les élèves de l'établissement à la fois et le terrain est trop petit pour y installer des classes préfabriquées.

Le conseil catholique poursuit d'ailleurs le ministère qu'il accuse de discrimination, parce que l'Académie Mère-Teresa ne permet pas d'offrir les mêmes services que les écoles de langue anglaise. Ses avocats invoquent l'article 23 de la Charte canadienne qui garantit le droit à une éducation en langue française en milieu minoritaire.

Le président du conseil Viamonde, Jean-François L'Heureux, ajoute qu'avec le refus du CSDCCS, les francophones de Hamilton sont perdants dans les deux systèmes. Il est important, selon lui, de se poser la question suivante : « est-ce qu'avoir une école secondaire, c'est répondre aux besoins d'aujourd'hui ; ce n'est pas parce qu'il y a des espaces qui sont partagés que la qualité de l'éducation va être moindre ». Il espère que le CSDCCS reviendra sur sa décision, mais il n'en est pas convaincu.

Le conseil scolaire Viamonde affirme qu'il étudie les autres possibilités de signer un partenariat dans la région afin d'accommoder ses élèves.

Le conseil Viamonde précise aussi qu'il est faux de comparer les deux systèmes linguistiques dans ce cas-ci. Le financement est selon lui plus avantageux pour les francophones, parce que les anglophones sont forcés de consolider leurs écoles en vendant celles qui se vident. Or, chez les francophones du sud de l'Ontario, le ministère propose de construire des établissements avec ou sans partenariat à cause d'une forte demande.

Dans certaines régions toutefois, un partenariat est parfois nécessaire avec un autre conseil scolaire, peu importe sa langue ou sa dénomination.

Le ministère s'est refusé à tout commentaire, parce qu'il n'a pas encore été avisé de la décision du conseil scolaire catholique.

Avec le reportage de Jean-Philippe Nadeau

Ontario

Société