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Le frère de Mohamed Fahmy trouve contre-productif le travail de John Baird

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Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La famille de Mohamed Fahmy, le journaliste canadien d'Al-Jazira emprisonné en Égypte depuis un an et dont le deuxième procès commence aujourd'hui, est choquée que sa libération « imminente », annoncée le 2 février par l'ex-ministre John Baird, n'ait pas abouti. Le frère de Mohamed, Adel Fahmy, blâme l'ancien ministre des Affaires étrangères pour cet échec, dans une entrevue accordée à la CBC.

Mohamed Fahmy avait accepté de renoncer à sa citoyenneté égyptienne, condition posée par l'Égypte pour permettre son extradition vers le Canada, sa conjointe avait quitté son travail au Caire, elle avait préparé leurs valises et s'apprêtait à acheter des billets d'avion vers Toronto.

Adel, lui, avait quitté le Koweït pour l'Égypte, et pendant ce temps, le consulat canadien leur assurait que Mohamed allait être libéré d'une journée à l'autre, d'une heure à l'autre.

Mais la semaine dernière, plutôt que de confirmer l'extradition de Mohamed Fahmy, les autorités égyptiennes annonçaient que ce dernier devrait subir un nouveau procès.

Adel Fahmy dit que son frère est très en colère devant ce retournement de situation. « Il n'en revient d'avoir à passer à travers ceci à nouveau ».

« Je ne sais pas pourquoi ça n'a pas fonctionné. Malheureusement, on n'arrive pas à obtenir des réponses claires. »

— Une citation de  Adel Fahmy

« Il semble que le consulat canadien n'a pas fait de suivi et n'a pas mis de pression sur le gouvernement égyptien pour faire accélérer l'affaire et sceller l'entente [d'extradition]. C'est ce que les autorités égyptiennes nous disent ».

Ottawa devrait adopter « une approche agressive » envers les autorités égyptiennes, dit-il, comme l'a fait le gouvernement australien avec succès, puisque l'Égypte a extradé son ressortissant Peter Greste, le collègue de Mohamed Fahmy.

« Mon frère a avisé le consulat qu'il doit aller cogner à la porte du procureur, qu'il doit aller voir directement le ministère des Affaires étrangères et ne pas se fier aux autorités intermédiaires », rappelle-t-il.

Adel Fahmy croit que l'ex-ministre Baird a fait une erreur lorsqu'il a annoncé publiquement que sa libération était imminente.

« Baird n'aurait pas dû le dire publiquement, embarassant ainsi les autorités égyptiennes. »

— Une citation de  Adel Fahmy

John Baird avait eu des contacts avec les autorités égyptiennes en janvier au sujet de ce dossier, lors d'une visite en Égypte. Mais Abdel Fahmy n'est pas impressionné par son travail.

« M. Baird est un bon gars, nous l'avons rencontré. Mais sur le front diplomatique, on pense que son voyage ici était contre-productif. »

— Une citation de  Adel Fahmy

« Pendant sa visite, M. Baird a promis 20 millions de dollars à Égypte, de l'argent des contribuables, pour soutenir l'investissement, et il a promis que le Canada participerait à la formation des policiers égyptiens. Est-ce vraiment trop demander qu'ils expulsent mon frère comme ils l'ont fait pour Peter Greste? À vous de me dire. »

Abdel Fahmy considère que la manière dont le gouvernement canadien a géré la libération de son frère est une insulte pour lui, mais aussi pour l'ensemble des Canadiens, puisque cela crée un précédent dans la gestion de cas futurs de Canadiens innocents emprisonnés à l'étranger.

M. Fahmy ajoute par ailleurs qu'il a l'appui du chef du parti libéral, Justin Trudeau : « J'ai discuté avec Justin Trudeau. Il m'a offert son soutien. Il m'a dit qu'il était très surpris par la manière dont cette affaire a été traitée ».

Les proches de Mohamed Fahmy gardent espoir. L'ambassadeur canadien en Égypte a rencontré le procureur général pour la première fois aujourd'hui, précisent-ils.

Au deuxième procès du journaliste canadien, son avocate prévoit réclamer à nouveau sa déportation.

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