•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Université franco-ontarienne : Moncton, un modèle à suivre?

Université de Moncton

Le centre des étudiants de l'Université de Moncton

Photo : Antoine Trépanier/Radio-Canada

Radio-Canada

Des groupes franco-ontariens veulent une université de langue française en Ontario. Ils l'ont dit haut et fort hier. Et ils citent souvent l'Université de Moncton, avec ses différents campus, comme un modèle. Quelles leçons peuvent être tirées du Nouveau-Brunswick?

Un texte de Laurence MartinTwitterCourriel

« L'Université de Moncton n'est pas née sans larmes », raconte l'historien Maurice Basque.

Au moment de sa création en 1963, il y a eu beaucoup de résistance au projet, même des francophones. C'est que bien des institutions catholiques offraient déjà des programmes en français un peu partout au Nouveau-Brunswick. Et elles voulaient conserver leur indépendance. 

Sauf que le gouvernement de Louis Robichaud décide que le développement de la société acadienne passe par la création d'une université moderne beaucoup plus grande, qui regrouperait les établissements déjà existants. 

Les collèges catholiques sont en quelque sorte forcés de se rattacher à l'Université de Moncton et de devenir des collèges affiliés. 

Maurice Basque, historien

Pour Maurice Basque, il est clair que l'Université de Moncton, qui compte aujourd'hui trois campus, n'aurait pas pu voir le jour sans cette volonté politique énorme du gouvernement du Nouveau-Brunswick de rassembler les programmes en français au sein d'une même institution. 

Écoutez l'historien Maurice Basque

Une volonté qui ne s'est pas encore concrétisée en Ontario. 

Même si la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, se dit favorable à un projet d'université franco-ontarienne, elle précise que ce n'est pas pour tout de suite. Elle explique aussi qu'elle continuera à appuyer les établissements bilingues existants.

Bien des établissements qui offrent déjà des programmes en français en Ontario, comme le Collège Glendon à Toronto, s'inquiètent justement des impacts qu'une nouvelle université franco-ontarienne pourrait avoir sur ce qui est déjà offert.

Des défis encore importants

Plus de 50 ans après la création de l'Université de Moncton, il y a encore des défis importants, entre autres le recrutement. 

Le professeur d'histoire Nicolas Landry constate que les jeunes Acadiens sont moins fidèles à l'Université de Moncton et qu'ils regardent un peu partout, par exemple au Québec et en Ontario, pour aller chercher le programme qui leur convient le mieux. 

Si toute notre clientèle francophone venait dans les trois campus de l'Université de Moncton, on n'en aurait pas de problème. Mais ce n'est pas le cas.

Nicolas Landry, professeur d'histoire à l'Université de Moncton

Nicolas Landry parle d'un « défi énorme à l'heure actuelle ».

Écoutez Moncef Lakouas, président de la Fédération des étudiants du Centre universitaire de Moncton

Un tel constat devra être pris en compte par les groupes franco-ontariens qui veulent une université de langue française à Toronto.

Ces groupes citent le nombre élevé de francophones dans la région pour justifier leur projet. Mais en regard de l'expérience acadienne, une question demeure: si une université franco-ontarienne existait dans le sud de l'Ontario, est-ce que les francophones de la région la fréquenteraient nécessairement?

Ontario

Société