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Le mouvement antivaccin continue de faire des vagues

Une garçon d'un an est vacciné contre la rougeole.

Photo : Damian Dovarganes

Radio-Canada

Ces dernières semaines, les États-Unis ont recensé plus de 120 cas de rougeole. Au Québec, 10 cas de rougeole ont été rapportés alors qu'à Toronto et Winnipeg, 9 cas ont été comptabilisés. Un regain de vigueur pour une maladie pourtant combattue par les vaccins. Le mouvement des « Antivaxxers », ou antivaccins, y est probablement pour quelque chose, même si les bases scientifiques qui animent ce mouvement sont fausses.

Un texte de Frédéric ArnouldTwitterCourriel

Dans la vallée du Fraser, en Colombie-Britannique, les autorités de santé publique ont constaté que la vaccination de 30 % des enfants de moins de 2 ans n'est pas à jour, une vaccination qui n'est pas obligatoire.

Selon Shovita Padhy, porte-parole de la Faser Health Region, « il y a des petites poches de résistance à cause de certaines croyances religieuses qui s'opposent à la vaccination. L'an passé, notamment à cause de ces croyances, la rougeole avait quand même touché environ 400 personnes dans la région. »

Le mouvement antivaccin regroupe certains comme Trina Ricketts qui a vacciné ses deux premiers enfants, maintenant âgés de 15 et 10 ans, mais qui s'est abstenue de le faire pour sa plus jeune, qui a 4 ans.

Une décision qu'elle justifie par les effets secondaires qu'elle dit avoir subis après s'être fait vacciner contre l'hépatite en 2008. Elle a souffert de graves problèmes gastro-intestinaux et dit avoir contracté la maladie de Crohn.

Même si cela n'a pas été confirmé par son médecin, elle reste persuadée que ses propres problèmes de santé et les troubles d'apprentissage de ses deux aînés ont été causés par les vaccins.

Elle fait partie de ce mouvement antivaccins tout comme Joel Lord qui, il y a cinq ans, a fondé le Mouvement de résistance aux vaccins.

Bien que n'ayant aucune formation scientifique ou médicale, il fait partie de ces « révolutionnaires » qui dénoncent ce qu'ils appellent le lobby des pharmaceutiques et la propagande média en faveur des vaccins.

Il est d'ailleurs profondément convaincu qu'il y a un lien entre l'autisme et les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

Autisme et vaccin

Une croyance basée sur une seule étude réalisée par un médecin britannique, Andrew Wakefield, en 1998. Sa recherche réalisée auprès de 12 enfants seulement a été publiée par la revue scientifique The Lancet. Seul problème, après enquête, elle s'est avérée frauduleuse et Wakefield a été radié.

Ce n'est qu'en 2010 que la recherche a été retirée de la publication scientifique. Mais le mal était fait, le taux de vaccination a chuté et les cas de rougeole ont augmenté au Royaume-Uni et aux États-Unis. Depuis, le mouvement antivaccin a bourgeonné.

Des vaccins efficaces

Pourtant, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le vaccin est efficace. Entre 2000 et 2013, l'OMS estime que la vaccination antirougeoleuse a évité plus de 15 millions de décès à travers le monde.

Au Canada, depuis 1924, la vaccination a d'ailleurs permis de réduire considérablement le nombre de cas. Cette semaine, Rona Ambrose, ministre fédérale de la Santé, a dénoncé le mouvement antivaccin qui met en danger la santé des autres enfants.

Ferme conviction

Mais les antivaccins restent convaincus. D'ailleurs, Joel Lord, fondateur du Mouvement de résistance aux vaccins, croit même que le Dr Wakefield sera réhabilité un jour.

Et Trina Ricketts, elle, continue son combat contre les vaccins, même si elle passe pour une folle, dit-elle, aux yeux des autres parents.

Marc Desjardins, microbiologiste à l'Hôpital général d'Ottawa constate que ce type de conviction est pratiquement impossible à changer, « à moins qu'ils vivent une expérience désastreuse avec une des maladies infectieuses », conclut-il.

Société