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« On a brisé les contrats des travailleurs sous de fausses informations » - Stéphane Bédard

Le chef intérimaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le chef intérimaire de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, accuse le gouvernement de Philippe Couillard d’avoir brisé des contrats de travail en « prétextant un déficit de retraite au niveau municipal qu’il savait grossièrement surestimé ».

M. Bédard a porté cette accusation au cours de la période de questions à l'Assemblée nationale dans la foulée des révélations de la Régie des rentes du Québec (RRQ) sur l'ampleur du déficit des régimes de retraite des employés municipaux québécois.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a fait adopter le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite en soutenant que le déficit de ces régimes atteignait 3,9 milliards de dollars. Les syndicats dénonçaient l'intervention du gouvernement en estimant à 2,25 à 2,5 milliards de dollars le déficit des régimes de retraite. La RRQ a semblé donner raison aux syndicats, hier, en révélant que le déficit des régimes de retraite était de 2,6 milliards de dollars.

« On a manqué la cible de seulement 1,3 milliard de dollars, nous dira le premier ministre », a ironisé M. Bédard. « C'est seulement une surestimation de 50 % des déficits actuariels, mais c'est pas grave, nous diront-ils. »

On a brisé les contrats des travailleurs sous de fausses informations. C’est ça la réalité et on a empêché le Parlement d’avoir accès à ces données.

Stéphane Bédard

Le premier ministre, Philippe Couillard, a répliqué à M. Bédard que les évaluations actuarielles avaient fluctué et qu'elles continueraient de le faire. Selon lui, c'est ce qui explique l'écart entre l'évaluation gouvernementale et les chiffres révélés par la Régie des rentes du Québec. Il a accusé l'opposition officielle de minimiser l'ampleur du déficit des régimes de retraite.

M. Couillard soutient qu'un déficit de 2,6 milliards de dollars justifie l'intervention législative faite par son gouvernement afin que « le contribuable, le payeur de taxes - celui qui paie la facture au bout du compte, soit protégé contre ces coûts et que chacun prenne ses responsabilités ».

Le premier ministre a également ajouté que le Parti québécois (PQ) avait envisagé de procéder à cette même réforme, mais qu'il avait manqué de courage lorsqu'il était au pouvoir.

Moreau minimise la surestimation du déficit

Accusé par les syndicats d'avoir menti sur l'ampleur du déficit des régimes de retraite pour justifier l'adoption du projet de loi 3, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, estime que les chiffres ne changent rien à la situation. Ce dernier soutient qu'il fallait imposer la réforme des régimes de retraite même si le déficit n'est pas aussi important que le prétendait le gouvernement.

Si pour lui [Marc Ranger, le porte-parole de la coalition syndicale], il estime que c'est rien, pourquoi il s'évertue à le faire payer par quelqu'un d'autre?

Pierre Moreau

Le ministre Moreau soutient qu'un déficit de 2,6 milliards de dollars justifie tout de même la législation adoptée par son gouvernement, au nom des contribuables : « 2,6 milliards, c'est six fois l'amphithéâtre de Québec payé comptant, c'est deux fois le stade olympique, c'est 22 000 logements sociaux au Québec », a-t-il expliqué à son arrivée au caucus du Parti libéral du Québec (PLQ).

Rappelant les dérapages des manifestations syndicales contre le projet de loi 3, M. Moreau a déclaré que les syndiqués n'auraient pas dû ainsi s'insurger s'ils estiment que l'ampleur du déficit est si peu importante. « Si je comprends bien, à 2,6 milliards de dollars ça ne valait pas le coup de saccager l'hôtel de ville de Montréal, ça ne valait pas la peine de défoncer des bureaux de comté, a lancé le ministre. Ils manifestent pour rien. »

Projet de loi adopté

Malgré la grogne des syndicats, les députés du Parti libéral du Québec, majoritaires à l'Assemblée nationale, ont fait adopter le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite en décembre dernier.

Le principe de base de cette nouvelle loi consiste en un refinancement à parts égales des déficits passés et futurs des régimes de retraite. Un amendement obtenu par le Parti québécois (PQ) permet toutefois aux deux parties d'avoir la possibilité de s'entendre sur une autre formule, pouvant atteindre un partage de 45 % - 55 %.

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