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Aide médicale à mourir : Barrette et Hivon soulignent le leadership du Québec

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette

Radio-Canada

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette salue la décision de la Cour suprême du Canada d'autoriser l'aide médicale à mourir dans certaines circonstances précises.

« Le Québec aura fait preuve de leadership au sein du Canada », avance M. Barrette en ajoutant que le gouvernement du Canada devra emprunter cette avenue à son tour. Le ministre de la Santé a souligné le consensus dans lequel s'est élaboré au Québec le projet de loi sur les soins en fin de vie de même que lors de l'adoption de la loi 52.

Sans s'ingérer sur le terrain du fédéral, le ministre Barrette a souligné que la Cour suprême envoyait un message à l'ensemble de la population canadienne. « Les gouvernements font partie de la société », a pris le soin de préciser M. Barrette.

La députée de Joliette Véronique Hivon - qui a piloté le projet de loi ayant mené à l'adoption de la Loi 52 – a remercié les gens qui sont venus témoigner de leur situation personnelle afin d'éclairer les parlementaires au cours de l'élaboration du projet de loi.

La députée de Joliette, Véronique HivonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La députée de Joliette, Véronique Hivon

Visiblement émue, Mme Hivon a salué le travail de ses collègues: « [...] Lorsqu'on fait le pari de prendre nos responsabilités, on peut vraiment changer les choses. Et, quand on le fait pour les personnes qui en ont le plus besoin, les personnes les plus vulnérables de notre société, je pense que ça prend encore plus tout son sens. »

Mme Hivon a également remercié le Collège des médecins et le Barreau du Québec d'avoir eu le courage d'embarquer dans le projet. « Le Québec a vraiment tracé la voie » vers la reconnaissance de ces nouveaux droits pour la population canadienne, estime Mme Hivon, précisant que le tout s'était fait au cours d'un processus démocratique.

Le Québec a vraiment tracé la voie, on l'a fait de la plus belle manière possible, de manière non partisane et totalement démocratique.

Véronique Hivon

« Il n'y a plus d'épée de Damoclès au-dessus de notre loi, a-t-elle ajouté. Tout ce qu'on plaidait depuis le début est aujourd'hui confirmé par la Cour suprême. »

Mme Hivon souligne que le Québec a la chance d'avoir déjà légiféré en cette matière de sorte que la Loi 52 entrera en vigueur au plus tard en décembre prochain. Le reste du Canada aura 12 mois pour s'adapter aux nouvelles dispositions du Code criminel.

La loi québécoise n'inclut toutefois pas les personnes handicapées, ce que fait le jugement de la Cour suprême.

Mme Hivon précise que la loi québécoise avait évité d'aborder cette catégorie de personnes en raison des assises juridiques moins solides. Les parlementaires ne voulaient pas prendre le risque de voir l'ensemble de la loi remise en question pour cette raison.

Une voix dissonante

Des porte-paroles de l'organisme « Toujours vivant » sont pour leur part déçus de la décision de la Cour suprême. Ils déplorent le manque de balises pour autoriser l'aide médicale à mourir. Ils auraient notamment aimé que la Cour limite l'accessibilité au suicide assisté aux personnes mourantes.

La militante Amy Hasbrouck souligne que les personnes en situation de handicap sont plus susceptibles de réclamer l'aide médicale à mourir lorsqu'ils n'obtiennent pas des soins adéquats ou lorsqu'on les force à quitter leur appartement pour un CHSLD où ils n'ont plus aucune autonomie.

Mme Hasbrouck estime qu'on alloue des ressources afin d'aider des gens à mettre fin à leurs jours alors qu'on pourrait les affecter à mieux les soigner.

Souffrant lui-même de conditions médicales qui lui permettraient de réclamer de l'aide pour mettre fin à ses jours, Christian Debray déplore la situation. « Si je n'étais pas soigné adéquatement, je serais dans une situation très difficile », déplore-t-il.

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