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La cause de Raïf Badawi est renvoyée à la Cour criminelle saoudienne

La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, tient une photo de son mari lors d'une manifestation pour demander sa libération le 13 janvier 2015, à Montréal.
La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, tient une photo de son mari lors d'une manifestation pour demander sa libération le 13 janvier 2015, à Montréal. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
La Presse canadienne

Amnistie internationale a obtenu la confirmation que la cause du blogueur saoudien Raïf Badawi a été transférée au tribunal pénal, mais les implications de ce renvoi demeurent totalement inconnues, alors que le jeune homme doit en principe être flagellé à nouveau vendredi.

Raïf Badawi a reçu, le 9 janvier, les 50 premiers coups de fouet de sa sentence, qui en totalise 1000. Il en a été exempté les deux vendredis suivants pour des raisons médicales.

Puis, vendredi dernier, il a de nouveau échappé au châtiment, mais sans être évalué par un médecin comme le prévoit la procédure en Arabie saoudite, ce qui est inhabituel. 

« En principe, il doit passer devant le médecin et on décide s'il sera flagellé, car sa peine de flagellation est toujours en vigueur », a indiqué Mireille Elchacar, d'Amnistie internationale, qui est auprès de la femme et des trois enfants de Raïf Badawi à Sherbrooke, là où ils sont réfugiés. « Sauf que, la semaine dernière, il n'est pas passé devant le médecin et n'a pas été flagellé. Il n'y a eu aucune explication de source officielle. »

Amnistie internationale hésite à se réjouir du renvoi de la cause de Raïf Badawi devant le tribunal pénal. La dernière fois qu'il a été traduit devant ce tribunal, en mai 2014, sa peine était passée de 600 coups de fouet à 1000 et de 7 ans à 10 ans de prison.

Comdamné pour avoir fait l'apologie de la tolérance

Raïf Badawi a notamment été condamné pour avoir invité les musulmans à faire preuve de plus de tolérance envers les non-musulmans.

En décembre, le roi Abdallah, aujourd'hui décédé, avait demandé à la Cour suprême de se pencher sur l'affaire et c'est justement cette dernière qui vient de renvoyer à nouveau la cause au tribunal pénal.

Ça peut vouloir dire un nouveau procès, ou qu'on change la peine sans avoir de nouvelle preuve ou ça peut vouloir dire le maintien du statu quo. On ne le sait pas.

Mireille Elchacar, d'Amnistie Internationale

L'entourage de Raïf Badawi espère qu'il bénéficiera de l'arrivée d'un nouveau roi.

« On peut avoir de l'espoir parce que le roi procède à des amnisties, mais comme nous n'avons aucune nouvelle spécifique sur M. Badawi, on ne sait pas trop », avance prudemment la représentante d'Amnistie internationale.

Les premières indications relatives aux limites de cette clémence sont d'ailleurs déjà connues et excluent Raïf Badawi, ajoute-t-elle.

« On vient d'apprendre qu'il y a une liste de 2500 prisonniers qui verraient une réduction de peine ou qui seraient graciés, mais ce sont des personnes dont l'amende était inférieure à 300 000 rials et ce n'est pas le cas de M. Badawi. » La sentence de Raïf Badawi est en effet assortie d'une amende d'un million de rials.

International