•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fin d'une tradition : la GRC prendra les rênes de la sécurité au parlement

Des policiers poursuivent l'auteur de la fusillade qui a causé la mort d'un caporal à Ottawa.
Des policiers poursuivent l'auteur de la fusillade qui a causé la mort d'un caporal à Ottawa. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La GRC dirigera bientôt la sécurité à l'intérieur des édifices du Parlement à Ottawa. La Chambre des communes doit débattre, plus tard cette semaine, d'une motion en ce sens.

La police fédérale s'occupe déjà la sécurité opérationnelle dans les espaces extérieurs de la colline du Parlement, mais la sécurité à l'intérieur est assurée par deux services de sécurité, celui de la Chambre des communes et celui du Sénat. 

La motion devant les députés précise que les agents présentement en place conserveront leur emploi. Les changements visent à créer des équipes entièrement intégrées, pour mieux prévenir les attaques comme celle survenue au parlement en octobre dernier.

Le tireur avait réussi à entrer dans l'édifice, malgré la présence d'agents de la GRC postés à l'extérieur.

La motion laisse croire que l'équipe actuelle de sécurité ne sera pas dissoute, mais que les agents relèveront d'un patron de la GRC. 

Que la Chambre, compte tenu de l'attaque terroriste survenue le 22 octobre 2014, reconnaisse qu'une sécurité entièrement intégrée est nécessaire  [...]; qu'elle demande, sans délai, au Président, en coordination avec son homologue du Sénat, d'inviter la GRC à diriger la sécurité opérationnelle partout à l'intérieur de la cité parlementaire et sur le terrain de la colline parlementaire, tout en respectant les privilèges, immunités et pouvoirs de chaque Chambre et en veillant à ce que le personnel chargé actuellement de la sécurité parlementaire et respecté, conserve son emploi.

Motion présentée aux députés
La sécurité actuelle dans la Cité parlementaire

Besoin d'une plus grande unité

Des examens des processus de sécurité sur la colline, faits à la suite de l'attaque d'octobre, ont mis en lumière la nécessité d'une plus grande unité au sein du personnel de sécurité.

La première étape a été d'intégrer en novembre les deux forces à l'intérieur de l'édifice - l'une du côté du Sénat, l'autre du côté de la Chambre des communes.

La GRC s'est également vu attribuer la responsabilité d'assurer la sécurité du premier ministre lorsqu'il se trouve à l'intérieur du parlement, une décision qui n'a pas fait le bonheur des gardes de la Chambre des communes, qui avaient été formés pour cette tâche par des agents de la GRC.

« Ingérence indéfendable »

L'Association du Service de protection de la Chambre des communes, qui représente les agents de sécurité de la colline du Parlement, a fait part de sa « vive préoccupation » à la suite de ces révélations.

« Toutes les grandes démocraties ont un système par lequel la protection des enceintes parlementaires et des gens qui s'y trouvent est assurée par des experts indépendants, qui ne prennent aucun ordre de la police ou d'autre corps du gouvernement », affirme l'association dans un communiqué.

« La prise du contrôle opérationnel de la protection de la Chambre des communes par la police (la GRC) menacerait non seulement la perception du public que le Parlement fait des lois sans aucune ingérence, mais également sa réalité sur le terrain », peut-on lire.

L'association parle d'une « ingérence indéfendable et dangereuse du gouvernement » dans les fonctions législatives qui contrevient au principe de la séparation des pouvoirs.

L'existence d'une force indépendante de police à l'intérieur des murs du parlement date de la création de la GRC elle-même, en 1920. À l'époque, les parlementaires ne voulaient pas que des agents du corps policier patrouillent dans la Chambre des communes, de sorte qu'une équipe de sécurité distincte avait été créée. Une deuxième équipe a ensuite été mise en place pour le Sénat.

Avec les informations de La Presse canadienne

Ottawa-Gatineau

Politique