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Exclusif

Longueuil : une autre femme attaquée avant le meurtre de Jenique Dalcourt

Piste cyclable à Longueuil

Piste cyclable à Longueuil

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le 22 octobre dernier, le corps de Jenique Dalcourt a été retrouvé sur une piste cyclable à Longueuil. La jeune fille de 23 ans a été battue à mort, après avoir été agressée sexuellement, selon des sources policières. Or, deux jours plus tôt, une autre personne aurait été agressée sexuellement dans le même secteur.

D'après un reportage de Sophie LangloisTwitterCourriel

À 18:30 le 20 octobre, il fait nuit quand Carole Thomas marche de l'arrêt d'autobus jusqu'à l'Institut de théologie pour la francophonie. Un homme sort de sa voiture pour l'agresser.

« Il a réussi à me transporter sur son épaule comme une poche de patates. Il m'a jetée sur le siège arrière et il s'est jeté sur moi, raconte-t-elle. Je me retrouve là, prise avec cet inconnu qui me force dans sa voiture, se jette sur moi, qui est très lourd comme une brique sur mon corps. Il m'afflige, me retient, il m'empêche de crier, il étouffe mes cris, il m'étouffe littéralement. »

L'homme frappe et viole la mère monoparentale pendant plus de 20 minutes, soutient-elle.

« Il a renfilé son pantalon, m'a jeté le mien, il a ouvert la portière et m'a jetée hors de la voiture comme un déchet. »

— Une citation de  Carole Thomas

Carole Thomas reste accroupie sur l'asphalte quelques minutes, sous le choc d'être encore en vie. Elle n'a qu'une idée: retourner chez elle s'occuper de sa fille. Le lendemain matin, elle trouve le courage d'aller porter plainte à la police. Des questions gênent la victime, une croyante pratiquante.

« Il me posait des questions que je ne comprenais pas pourquoi il insistait que c'était pertinent, exemple, quelle était la taille du pénis de votre agresseur? Si jamais vous mettez le grappin sur cette personne, vous allez lui demander de se masturber pour que vous puissiez le mesurer? »

La femme est amenée à l'hôpital où une trousse médico-légale est dûment remplie. Les blessures sont documentées, un choc post-traumatique diagnostiqué. Carole est rapidement acceptée au programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels.

Mais la police de Longueuil ne la rappelle pas pour dresser un portrait-robot de son agresseur, comme on lui avait dit qu'on le ferait. Après deux mois d'attente, la victime demande l'aide de la présidente du Conseil du statut de la femme.

« On a beaucoup parlé d'agression sexuelle cet automne, on a dit aux femmes qu'il fallait qu'elles dénoncent leur agresseur. Là, voici une femme qui le fait, qui est structurée, qui a beaucoup d'éléments et la police ne l'appelle pas pour qu'elle puisse tracer un portrait robot de son agresseur, je ne comprends pas », affirme Julie Miville-Dechêne.

À la police de Longueuil, on dit ne pas pouvoir commenter officiellement une enquête en cours. Mais au téléphone, le porte-parole de la police Tommy Lacroix nous a dit:

« Il y a de grandes zones grises dans l'histoire de la dame. Je vous parle à mots couverts, madame Langlois, vous comprenez? Il y a de grandes lacunes dans la plainte initiale. »

La police semble douter de la crédibilité de la plainte. Même si 48 heures après cette première agression, Jenique Dalcourt est trouvée morte dans le même secteur. Trois mois plus tard, la police de Longueuil n'a toujours pas dressé le portrait-robot de l'assaillant de madame Thomas.

« Je trouve vraiment que ces délais-là sont inacceptables, c'est une autre forme de victimisation. »

— Une citation de  Julie Miville-Dechêne.

Deux experts en affaires policières ont dit à Radio-Canada qu'il est très anormal d'attendre si longtemps avant de faire le portrait-robot d'un agresseur.

« On m'a agressée, on m'a battue, on m'a violée, on m'a jetée, c'est pas important ça? C'est inadmissible, ils n'ont pas accordé l'importance à cette terreur que j'ai expérimentée. »

— Une citation de  Carole Thomas

Madame Thomas s'est résignée à dénoncer publiquement la police de Longueuil quand l'intervention de la présidente du Conseil du statut de la femme n'a rien donné.

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