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La réforme de l’aide sociale inquiète les centres de désintoxication

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale François Blais

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale François Blais

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les centres de désintoxication risquent de devenir de moins en moins accessibles pour les assistés sociaux aux prises avec un problème de dépendance à l'alcool et aux drogues.

Les mesures annoncées par Québec pourraient faire chuter leurs prestations pendant le traitement, ce qui en inciterait plusieurs à renoncer au programme.

La réforme proposée par le ministre de la Solidarité sociale, François Blais, prévoit qu'à partir du 1er mai, les personnes qui seront hébergées dans un centre de désintoxication subventionné recevront, en lieu et place de leur prestation d'aide sociale, une allocation de dépenses de 200 $. Si elles ont un logement, elles auront droit à une allocation supplémentaire de 416 $. Au total, ce montant correspond à l'allocation de base pour personne seule.

Un montant supplémentaire de 130 $ accordé pour contrainte temporaire à l'emploi est retiré.

Pour une personne bénéficiaire de l'aide sociale aux prises avec un problème de dépendance, ces modifications pourraient constituer un frein à une prise en main, selon la directrice générale du centre d'hébergement Le Séjour, Pascale Verreault.

« Est-ce que ces gens-là vont continuer à demander de l'aide pour traiter leur dépendance? C'est à se questionner », dit-elle.

Au centre Le Séjour, deux clients sur trois sont bénéficiaires de l'aide sociale et plus du quart de la clientèle est formé de personnes sans domicile dont le revenu sera ramené à 200 $ pendant le traitement.

La directrice générale du centre d'hébergement Le Séjour reconnaît que la réforme permettra de réaliser des économies. Toutefois, cela risque de coûter cher, ajoute-t-elle.

« Pour 30 jours d'hébergement en centre de traitement comme ici, ça équivaut à deux jours d'hospitalisation, souligne Pascale Verreault. Judiciairement, est-ce qu'ils vont se retrouver avec plus de criminalité? Est-ce que ça va augmenter? Donc, je pense que le ministre Blais a à revoir tout ça. »

Un centre d'hébergement comme Le Séjour touche 50 $ par jour de Québec pour héberger, nourrir et traiter une personne bénéficiaire de l'aide sociale aux prises avec un problème de dépendance.

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