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« Je n'ai jamais tenu votre confiance pour acquise », dit John Baird aux Ottaviens

Le ministre des Affaires étrangères John Baird Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

La démission du député d'Ottawa-Ouest-Nepean et ministre des Affaires étrangères, John Baird, suscite beaucoup de réactions dans la capitale nationale. Au-delà de la surprise, certains y voient l'occasion de pacifier les relations entre la Municipalité et le gouvernement fédéral.

M. Baird s'est levé à la Chambre des communes un peu après 10 h pour officialiser sa démission. Lors de son discours, il a tenu à remercier les résidents d'Ottawa et ceux de sa circonscription.

« Être ministres des Affaires étrangères était une expérience incroyable, mais je n'ai jamais tenu votre confiance pour acquise. Je n'ai jamais oublié notre ville. Tous les jours, je me disais que vous aviez placé votre confiance en moi et que c'est grâce à vous si j'ai eu cette opportunité », a-t-il expliqué.

Je suis reconnaissant pour votre confiance inébranlable, votre vision, votre communauté. Votre support au cours de ces 20 dernières années est impossible à décrire.

John Baird

John Baird, qui est âgé de 45 ans, a près de 20 ans d'expérience en politique, dont 10 ans au niveau provincial et une autre décennie sur la colline du Parlement. Ce parcours ne laisse personne indifférent dans la région.

« Je lui souhaite une bonne continuation. Même si je ne suis pas un partisan de Stephen Harper, je pense que John Baird sortait du lot », affirme Dave Cox, un résident de l'ouest d'Ottawa.

L'ancien président du Conseil du Trésor sera remplacé aux Affaires étrangères par l'actuel ministre du Commerce international, Ed Fast. Ce dernier héritera aussi temporairement de la responsabilité de la Commission de la capitale nationale. L'inconnu demeure cependant quant à l'identité de celui qui succédera à John Baird dans la circonscription d'Ottawa-Ouest-Nepean.

Un nouveau chapitre

John Baird, qui a été responsable d'une dizaine de portefeuilles ministériels au cours de sa carrière, estime que l'heure était venue pour lui de tourner la page.

« Le temps est venu pour moi d'ouvrir un nouveau chapitre de ma vie », a-t-il déclaré au cours de son allocution.

Selon CBC, M. Baird se destinerait maintenant à une carrière dans le secteur privé, ce qui ne surprend pas André Strenzer, un résident de la région de la capitale nationale, qui suit la carrière de l'ancien ministre des Affaires étrangères depuis ses débuts.

« Ça ne me surprend pas [...]. Il y en a qui font leur vie là-dedans, mais John Baird, je pense qu'il va faire plus à l'extérieur de la politique, que dans la politique », croit-il.

D'autres voient ce départ d'un bon œil, dans la mesure où cela pourrait signifier un changement dans la politique extérieure du Canada.

Le Canada, qui a toujours été bien vu de partout, devient un peu comme les autres. Ce dont le monde a besoin maintenant, ce sont des acteurs de paix et non pas des gens qui attisent les conflits dans le monde.

Un résident de la capitale nationale

Le ministre ontarien de l'Énergie, Bob Chiarelli, qui est aussi le député provincial d'Ottawa Ouest-Nepean, a quant à lui décrit John Baird comme étant un homme dévoué, toujours au service du public et un élu qui avait à cœur ses électeurs.

De son côté, la députée provinciale de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod, s'est dite reconnaissante envers John Baird pour ses états de service et pour le rôle clé qu'il a joué au niveau local.

Des relations pacifiées

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, avait des relations assez conflictuelles avec John Baird, qui était aussi le ministre responsable de la Commission de la capitale nationale (CCN).

Baird_WatsonJohn Baird, Jim Watson Photo : cbc

Les deux politiciens ne s'entendaient pas notamment au sujet de l'ingérence du gouvernement fédéral dans les dossiers municipaux, surtout celui du train léger ou de l'assainissement de la rivière des Outaouais.

Cela n'a pas empêché M. Watson de souligner le travail de Baird pour servir les intérêts des résidents d'Ottawa.

« Bonne chance à M. Baird pour son avenir. Je pense qu'aujourd'hui son discours était [un moment] très important de sa vie, c'était très émotionnel. Je dis merci pour ses services depuis presque 20 ans, au niveau provincial et fédéral », a-t-il commenté.

Cela va être intéressant de voir qui prendra la succession de Baird pour les affaires de la capitale. Je crois que cela peut amener des rapports moins conflictuels.

Caroline Andrew, directrice du Centre d'études en gouvernance à l'Université d'Ottawa

De son côté, la directrice du Centre d'études en gouvernance à l'Université d'Ottawa, Caroline Andrew, attribue la nature conflictuelle des relations entre Baird et Watson à leurs allégeances politiques différentes, le maire Watson étant notoirement plus proche des libéraux.

« Ce que ça prend, ce sont vraiment des rapports de partenariat. Des gens qui se mettent d'accord pour dire que cela prend beaucoup de partenaires pour réaliser les gros projets », est-elle persuadée.

Mme Andrew concède que cela peut prendre plus de temps pour parvenir à accord, quand il y a plusieurs acteurs impliqués dans un dossier, mais elle estime que cela donne de meilleurs résultats.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale