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Vivre avec un déficit d'attention

Le reportage de Mireille Chayer
Radio-Canada

De plus en plus d'adultes apprennent qu'ils ont un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Après le choc, c'est souvent un soulagement pour eux de comprendre pourquoi ils sont plus distraits que la moyenne des gens.

Environ 4 % des adultes seraient atteints d'un TDAH. Ce problème neurologique présent dès l'enfance ne se guérit pas. Il peut entraîner des difficultés de concentration, de l'agitation et de l'impulsivité.

Avec de tels symptômes, ce n'est pas facile d'être fonctionnel en classe, comme le racontent Alexandra Chayer et Pascale Duchesne. Les deux jeunes femmes ont reçu leurs diagnostics respectifs à 22 ans et 19 ans.

J'étais présente, j'étais là, mais quand le professeur parlait, moi je comptais les tuiles au plafond. Parce qu'on est conscient que dans les écoles, il y a beaucoup de tuiles au plafond. Il n'y en a jamais le même nombre. Ça dépend, 32-34 par classe, ça dépend!

Pascale Duchesne

Je me disais beaucoup plus moi, je suis moins bonne que les autres parce que ça me prend trois heures alors que les autres le font en vingt minutes, une demi-heure.

Alexandra Chayer

Les spécialistes soutiennent que le trouble est mieux diagnostiqué qu'avant. La plupart du temps, la médication donne un sérieux coup de pouce.

« La médication leur permet de s'organiser un peu mieux, d'être capables d'intégrer des affaires, explique le psychiatre Rupert Lessard. Ils intègrent et sont capables de retenir puis d'aller chercher des informations. Donc, ça va les amener à être capables de développer des mécanismes d'adaptation. »

Des services mieux adaptés

Au Cégep de Jonquière, le nombre d'étudiants qui ont un diagnostic de TDAH a explosé.

Entre 2003 et 2008, dix étudiants étaient inscrits aux services adaptés. Cinq ans plus tard, le chiffre a grimpé à 193.

Pour les aider, le cégep leur permet notamment de faire leurs examens dans un local isolé. Ils sont également suivis de près pour apprendre à mieux organiser leur vie.

« On veut développer des stratégies, explique la psychologue responsable des services adaptés au Cégep de Jonquière, Sylvie Beauchamp. Stratégies d'études, stratégies d'écriture, de lecture, de prise de notes, de gestion du temps, de gestion de l'anxiété, tout ce qui est stratégie pour être de plus en plus autonome. »

Des stratégies qui, avec la médication, donnent des résultats, reconnait Pascale Duchesne. « Oui, la confiance en soi en a mangé un coup sur le moment, mais veut, veut pas, on a développé de la ténacité, on a développé des techniques, on a une force de caractère assez développée pour se dire quand j'ai quelque chose dans la tête, je ne l'ai pas dans les pieds », souligne-t-elle.

Société