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Des « cafés mortels » bien vivants!

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

C'est devenu une nouvelle mode; boire du café et parler de la mort avec des personnes qu'on ne connaît pas. On les appelle les « cafés mortels » ou « Death Cafés ».

Un texte d’Éric Le ResteCourriel

Plus de 1500 rencontres de ce genre ont eu lieu au cours des trois dernières années dans 26 pays au monde.

Ce qui surprend lors de ces soirées, c'est qu'elles sont loin d'être funèbres. Aborder le thème de la mort revient surtout à parler de la vie et de notre attachement à la vie.

La mort reste un sujet encore tabou et pourtant les gens veulent en parler. Alors pourquoi pas en dégustant un café avec des gens qu'on ne connaît pas? C'est un concept de plus en plus populaire en Europe et en Amérique du Nord que Kit Racette a voulu importer à Montréal. La première rencontre montréalaise a eu lieu en octobre 2013.

Je trouvais que les gens avaient besoin de parler de la mort. On ne réalise pas que la mort fait partie de la vie et je constate que si on parle de la mort, on réalise qu'il faut alors profiter de la vie chaque minute.

Kit Racette

Extrait de l'entrevue avec Kit Racette

 Les « cafés mortels » ou « Death Cafés » réunissent des gens d'horizons très variés. Certains veulent parler de la mort d'un proche d'autres de leur propre mort. Il y a ceux qui ont frôlé la mort et d'autres qui en sont revenus.

Autant d'ingrédients qui se mélangent lors des soirées animées gratuitement par Kit Racette. Les dons sont acceptés pour défrayer les coûts. Les soirées sont offertes en anglais et en français.

Kit Racette

Kit Racette

Photo : Radio-Canada

Une démarche personnelle

Le tournant dans la vie de Kit Racette a été la mort de sa fille, alors âgée de 40 ans. Une mort subite; la première à la toucher d'aussi près.

« Je me suis mise alors à me poser des questions : "mais où est-elle allée?" Je n'avais pas de croyances ou de base religieuse et je ne savais pas quoi faire avec la disparition de ma fille. C'est là que j'ai commencé le voyage du deuil ».

Offrir ces soirées à Montréal est une mission qu'elle s'est donné qui fait partie de son deuil.

Je le fais en me disant que c'est la mort de ma fille qui me permet d'aider les autres. Et dans ce sens, la mort de ma fille n'aura pas été inutile.

Kit Racette

Le reportage d'Éric Le Reste a été diffusé le 8 février à Second regard sur ICI Radio-Canada Télé.

Célébrer la vie

Même si les interventions sont parfois douloureuses et font ressortir des souvenirs pénibles, les soirées se déroulent très souvent dans une atmosphère plutôt légère et pleine d'humour.

Cinq ans après avoir perdu son fils de 20 ans, une participante à un « café mortel » explique qu'elle se joint à ces rencontres, car elle croit qu'il est important de parler de ce qui arrive quand son enfant meurt. « Je peux dire qu'il est possible de remonter la pente et se dire encore que la vie est belle ».

Une autre participante, Violette Daneau, auteure du documentaire On ne mourra pas d'en parler, explique comment elle s'est sentie lorsqu'elle a eu une maladie grave :

Je me suis dit que ce n'était pas la peur de mourir, mais la peur de ne plus vivre. C'est important de côtoyer la mort pour savoir cela. On réalise alors que la mort est là pour qu'on s'occupe plus de notre vie.

Violette Daneau

Des participants à un « café mortel » dans cet extrait du reportage d'Éric Le Reste

Société