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L'« avocat des patients » demande à Barrette de retirer son projet de loi

L'avocat Jean-Pierre Ménard

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'avocat Jean-Pierre Ménard presse Gaétan Barrette de retirer son projet de loi 20, une réponse, selon lui, inappropriée, aux besoins des patients. Mais pour le ministre de la Santé, l'avocat spécialisé dans la défense des droits des citoyens devant le système de santé n'a pas su voir les vertus de son projet.

Après analyse du projet de loi, qui prévoit notamment l'imposition aux médecins d'un nombre minimal de suivis de patients, Me Ménard affirme qu'il ne règle pas du tout les problèmes de fond du système et qu'il n'apporte pas une réponse appropriée au problème de l'accessibilité des citoyens aux soins médicaux.

Ce projet-là n'apporte rien de substantiel aux patients. Je pense que ça ne répond pas du tout aux besoins de la population.

Jean-Pierre Ménard

L'avocat déplore que les usagers du système de santé doivent payer « des pots cassés il y a des années ». Selon lui, les citoyens font les frais des négociations tenues entre le gouvernement et les médecins depuis ces 15 dernières années, qui ont été réglées, dit-il, « sans vision et pour acheter la paix ».

Ce qui est particulier, c'est que depuis une quinzaine d'années, on n'a jamais eu autant de médecins au Québec, et ils n'ont jamais été aussi bien rémunérés. Et on s'aperçoit que l'offre de services diminue.

Jean-Pierre Ménard

Jean Pierre-Ménard déplore notamment le fait que, en négociant l'augmentation de la rémunération des médecins, le gouvernement n'ait pas négocié un accroissement équivalent des services.

Essentiellement, c'est une question de pouvoir. Le vrai courage du ministre, ce serait de s'attaquer à ça. Ce n'est pas de faire le matamore en insultant un groupe après l'autre. [Il faut] être prêt à tout remettre en question. Le projet de loi 20 ne remet rien en question.

Jean-Pierre Ménard

M. Ménard suggère donc au ministre de revoir à nouveau la rémunération des médecins et l'encadrement de la pratique médicale dans les établissements de santé. 

Il insiste sur le fait que l'on doive absolument remettre en question le modèle de pratique qui prévaut, particulièrement dans les hôpitaux. Ce modèle, explique-t-il, considère le médecin comme indépendant, lui laisse toute liberté, de gérer sa liste d'attente par exemple, et donc empêche l'établissement de santé d'avoir un contrôle sur la qualité des soins.

Par ailleurs, Jean-Pierre Ménard considère que toutes les mesures concernant les médecins spécialistes contenues dans le projet de loi sont une bonne idée, comme l'obligation de voir leurs patients après six mois d'attente, ou l'obligation pour certains spécialistes de devenir médecins traitants.

Quotas pour les omnipraticiens : une mauvaise idée

En vertu du projet de loi 20, les médecins de famille devront assurer le suivi médical d'un nombre minimal de patients sous peine de se voir infliger des sanctions salariales qui pourront aller jusqu'à un maximum de 30 %.

Selon Jean-Pierre Ménard, cette nouvelle mesure risque d'avoir des « effets pervers ». D'abord en poussant les médecins à suivre des patients en bonne santé et à se retirer de certains champs de pratique les plus exigeants pour ne pas être pénalisés financièrement. Elle pourrait aussi, croit-il, affecter la qualité de la médecine, en faisant peut-être diminuer l'attention du médecin pour son patient.

Les médecins vont tenter le plus possible de suivre des patients en bonne santé, pour éviter d'avoir des patients qui vont les solliciter trop fréquemment, trop longuement.

Jean-Pierre Ménard

Pour le ministre de la Santé Gaétan Barrette toutefois, cet argument prouve que Jean-Pierre Ménard ne comprend pas le principe du taux d'assiduité que met de l'avant le projet de loi 20. 

M. Barrette fait valoir qu'un médecin n'aura pas intérêt à chercher une clientèle en santé et à la voir à outrance, justement pour éviter une baisse de sa rémunération. Il remarque qu'un médecin trop occupé par des patients en santé ne pourra pas faire le suivi de ses patients malades.

Un patient devrait voir son médecin quand il en a besoin. De façon ponctuelle ou plus souvent si nécessaire.[...] Le projet de loi 20 nous emmène vers ça.

Gaétan Barrette

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