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Exclusif

Le nombre de patients en attente d'un médecin de famille explose en Montérégie

Un médecin de famille

Un médecin de famille

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré tous les efforts déployés, le problème des médecins de famille n'est pas réglé, surtout dans la région de Montréal et ses banlieues. Radio-Canada a appris qu'en moins d'un an, le nombre de patients en attente a explosé en Montérégie.

Un texte de Louis-Philippe OuimetTwitterCourriel

L'état de la situation des guichets d'accès clientèle sans médecin de famille est problématique pour les 11 centres de santé et de services sociaux (CSSS) de la région. Le nombre de patients inscrits à ces guichets d'accès a grimpé de 60 % en seulement 10 mois. Au total, plus de 73 575 personnes sont inscrites sur la liste au 23 janvier 2015, ils étaient 45 849 au 31 mars 2014.

Une augmentation des inscriptions

Il est dorénavant de plus en plus facile de s'inscrire sur Internet aux guichets clientèle sans médecin de famille. Ce qui explique en partie l'augmentation du nombre de personnes en attente.

Mais ce n'est pas tout, les nombreux départs à la retraite de médecins font partie du problème, explique le CSSS Richelieu-Yamaska.

Autre problème : en 2015, il y aura sept nouveaux retraités chez les médecins dans ce même CSSS. À Saint-Hyacinthe, plusieurs patients se retrouveront donc sans médecin. « Moi, j'ai encore un médecin jusqu'au mois de juin. Je commence à chercher, je vais peut-être attendre un an », explique un résident de Saint-Hyacinthe, Gilles Leduc.

Pour voir le graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Sans médecin?

Au guichet du CSSS Pierre-Boucher, le nombre de patients en attente est passé de 10 552 à 14 524 en 10 mois. Une augmentation importante, mais les patients les plus à risque sont pris en charge, assure-t-on. « Sur les 14 000, il y en a 54 qui sont prioritaire. Ça veut dire qu'on réussit quand même à placer ceux qui ont un besoin urgent d'avoir un médecin de famille », explique le Dr Claude Rivard, coordonnateur médical pour le guichet d'accès du CSSS Pierre-Boucher.

Un problème plus large

Selon la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le problème réside dans la multiplication des tâches des médecins de famille, qui doivent à la fois oeuvrer en établissement et en cabinet.

« J'ai 95 % des médecins québécois qui travaillent dans les salles d'urgence qui sont des médecins de famille. Des hôpitaux comme Saint-Hyacinthe sont portés à bout de bras par des médecins de famille. J'ai des médecins de famille qui sont aux soins intensifs », affirme le président de la FMOQ, Louis Godin.

Selon lui, une partie de la solution n'est pas une simple question de ratio patients-médecin, mais aussi de répartition des tâches.

Le projet de loi 20, une solution?

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pense que le projet de loi 20, qui imposerait un quota de patient aux médecins, réglerait bien des problèmes. « Les chiffres montrent clairement qu'il y a une capacité non exercée de services qui pourraient être rendus à la population. Dit différemment, il y a beaucoup de capacité de visites, mais s'il n'y a pas de disponibilité [de la part des médecins], les gens ne voient pas leur médecin », dit-il.

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