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Les compressions font peur aux intervenants en prévention du suicide

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le taux de suicide a beau être à son plus bas niveau depuis 25 ans au Québec, les intervenants en prévention du suicide craignent que les personnes en détresse fassent les frais des compressions budgétaires décrétées par le gouvernement Couillard depuis son arrivée au pouvoir.

Un texte de Jérôme LabbéTwitterCourriel

Selon l'Institut national de santé publique, 1102 Québécois se sont enlevé la vie en 2012. Même s'il correspond au plus petit taux de suicide enregistré depuis 1981, ce nombre est encore beaucoup trop élevé, selon le directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, Jérôme Gaudreault.

C'est certain qu'une baisse du taux de suicide, ça peut être perçu comme une bonne nouvelle. Mais si vous en parlez aux 100 000 personnes qui ont été endeuillées par suicide au cours des 10 dernières années, je ne suis pas sûr que ce serait une nouvelle qui leur apporterait un certain réconfort ou qui leur apporterait plus de réponses par rapport à ce qui s'est passé.

Une citation de :Jérôme Gaudreault, directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide 

M. Gaudreault craint par ailleurs que le contexte économique et les restrictions budgétaires imposées par Québec n'aient un impact sur les services offerts dans le milieu communautaire.

« Si j'étais le gouvernement, ce que je vous répondrais, c'est que non, il n'y a pas eu de coupures budgétaires. Mais dans les faits, il y a eu une baisse de l'indexation du financement qui a été donné aux organisations communautaires et il y a certains projets de financement qui ont été coupés dans la dernière année », dit-il.

Variations régionales

D'après les données de l'Institut national de santé publique, dévoilées jeudi à Montréal, les taux de suicide connaissent des variations importantes d'une région à l'autre.

Pour la période 2010-2012, trois régions affichent des taux bien plus élevés que pour l'ensemble du Québec : l'Abitibi-Témiscamingue, la Mauricie et le Centre-du-Québec, ainsi que Chaudières Appalaches.

Les régions de Montréal et de Laval connaissent quant à elles des taux de suicide beaucoup plus bas que le reste du Québec. Les risques de suicide sont deux fois moins élevés dans la région métropolitaine qu'en Abitibi-Témiscamingue, par exemple.

Pour consulter ce tableau avec votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Ces données ont été dévoilées lors d'une conférence de presse tenue pour lancer la 25e Semaine nationale de prévention du suicide, qui se déroulera du 1er au 7 février et aura pour slogan « T'es important-e pour nous. Le suicide n'est pas une option ».

Ces données datent toutefois de 2012 et les intervenants craignent qu'elles cachent la réalité de la tendance à la hausse qu'ils constatent sur le terrain depuis cette date. Des organismes comme Suicide-Action Montréal rapportent une augmentation de 30 % des appels depuis quelque temps et leur personnel peine à répondre à la demande.

Même Centraide du Grand Montréal a réduit de 2 % les sommes qu'il remet aux organismes communautaires parce qu'il n'arrive pas à atteindre ses objectifs de collecte de fonds.


L'animatrice Anaïs Guertin-Lacroix, dont le père s'est suicidé lorsqu'elle avait 9 ans, a lancé une courte vidéo dans laquelle elle raconte son histoire et appelle à une plus grande sensibilisation.

Cliquez ici pour voir la vidéo sur votre appareil mobile. (Nouvelle fenêtre)

Parmi les ressources mises à la disposition des personnes en détresse, mentionnons la ligne téléphonique 1-866-APPELLE et le site de l'Association québécoise de prévention du suicide. (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de La Presse canadienne

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