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Super Bowl : les pubs américaines à la télé canadienne dès 2017

Malcolm Smith intercepte une passe destinée à Knowshon Moreno (27) lors du Super Bowl.

Malcolm Smith intercepte une passe destinée à Knowshon Moreno (27) lors du Super Bowl.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Chris O'Meara

Radio-Canada

Les amateurs de football du Canada pourront visionner les publicités américaines en direct à la télévision à compter du Super Bowl de janvier 2017. Le CRTC interdira la substitution simultanée lors de la présentation du Super Bowl, à compter de cette date, en raison des nombreuses plaintes reçues lors de la diffusion de ce grand rendez-vous télévisuel.

« Les téléspectateurs ne l'apprécient pas en particulier [...] lors de grandes émissions diffusées en direct comme le Super Bowl » a déclaré Jean-Pierre Blais, le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), lors d'un discours devant la chambre de commerce de London. « C'est l'une des périodes les plus achalandées de l'année en ce qui concerne les plaintes que nous recevons »

Le CRTC estime que la substitution simultanée comporte trop d'inconvénients pour les téléspectateurs. Ces derniers souhaitent notamment pouvoir visionner les publicités américaines – souvent conçues spécialement pour l'occasion – lors du match de la finale du circuit professionnel américain de football, la National football league (NFL).

La mauvaise synchronisation du remplacement temporaire de la diffusion en direct par le signal local irrite également les amateurs de football qui ratent plusieurs jeux-clés lors de la retransmission de l'ultime match de la NFL.

D'ici là, le Conseil lance un avertissement aux radiodiffuseurs : les erreurs importantes lors de la substitution ne seront plus tolérées. « Si un radiodiffuseur canadien retourne à une partie de la NFL avec du retard, prévient le président du CRTC, faisant en sorte que les téléspectateurs ont manqué un jeu, il pourrait avoir à accorder un rabais aux téléspectateurs . » Si les erreurs se répètent, une station pourrait perdre son privilège de substitution simultanée.

La substitution simultanée permet aux radiodiffuseurs locaux de retransmettre le signal d'une autre chaîne et d'interrompre la diffusion de ce signal afin de diffuser des publicités locales. Cette situation permet aux diffuseurs canadiens de vendre des publicités locales – un marché de 250 millions de dollars annuellement au pays – afin de financer leurs activités.

À la suite des audiences publiques menées l'automne dernier, le CRTC souligne que la substitution simultanée permet « de créer des emplois et de développer le talent créatif canadien ».

La fin de la substitution simultanée inquiète toutefois les diffuseurs canadiens. L'automne dernier Kevin Crull, le président de Bell Media, qui possède les droits de diffusion canadiens pour le Super Bowl, avait exprimé ses inquiétudes face à l'élimination potentielle de la substitution simultanée. « Si je diffuse le Super Bowl et qu'il est aussi diffusé à NBC, je risque d'avoir bien peu de téléspectateurs » avait-il indiqué au CRTC.

Parlon télé... à la carte

La décision du CRTC intervient au terme d'une conversation publique avec les Canadiens lancée il y a 15 mois, soit en octobre 2013, sur le thème « Parlons télé ». Quelque 13 000 Canadiens ont exprimé leur volonté d'« accéder à un contenu de grande qualité, obtenir de la valeur et du choix, comprendre ce pour quoi ils paient et obtenir des mécanismes pour régler leurs différends avec les fournisseurs de services ».

Le CRTC constate le changement amorcé dans la consommation des produits télévisuels. Ainsi, en 2013, plus de 40 % des Canadiens ont consulté du contenu télévisuel en ligne. Le CRTC souhaite gérer les changements d'habitudes des téléspectateurs qui se dirigent de plus en plus vers le contenu à la carte tout en maintenant l'offre des consommateurs traditionnels de télévision qui demeurent majoritaires au pays.

Encore 76 % des Canadiens ont accès gratuitement à au moins cinq chaines de télévision – et jusqu'à 15 chaînes dans certaines régions urbaines - grâce à des antennes pour capter les ondes de la télévision numérique. Le CRTC refuse donc de permettre aux stations locales de cesser d'émettre de cette façon puisque 95 % des participants s'opposaient à cette mesure.

Le rapport du CRTC constate également que les chaînes de télévision locale accaparent 40 % de l'auditoire entre 19 h et 23 h chez les anglophones alors que cette proportion atteint 50 % pour la frange francophone de la population canadienne. Le CRTC conclut que la télévision évolue vers une offre à la carte et le contenu sur demande, mais qu'il doit s'assurer que l'évolution se fasse de façon harmonieuse.

Avec des informations de Daniel Thibeault

Société