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Les modifications à l'aide sociale unanimement dénoncées par le milieu communautaire

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale François Blais

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale François Blais

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La réforme du programme d'aide sociale suscite du mécontentement au Bas-Saint-Laurent. Plusieurs organismes communautaires qui viennent en aide aux plus démunis craignent de ne pouvoir répondre à la demande.

C'est le cas des dirigeants de la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent. « C'est certain qu'on va voir un effet direct puisqu'il y aura plus de demandes probablement »,martèle la coordonnatrice de l'organisme, Véronique Thibault.

Selon elle, avec des organismes déjà sous-financés et déjà aux prises avec des listes d'attendre, il est certain qu'il sera difficile de répondre à tous ces besoins nouveaux. « Encore une fois ce qui va arriver c'est que ces clientèles-là vont se retrouver encore plus vulnérables qu'elles sont présentement », croit Mme Thibault.

Selon la Table régionale, le gouvernement Couillard devrait plutôt demander à certaines entreprises de faire leur part plutôt que de s'attaquer aux personnes défavorisées.

Une brique de plus

De son côté, Action populaire Rimouski-Neigette estime que le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais fait fausse route en voulant modifier le programme d'aide social. Si elles sont mises en vigueur, ces nouvelles mesures pourraient nuire à la réinsertion sociale des bénéficiaires, prévient l'organisme.

« Quand on tombe on peut tomber très creux et c'est très difficile d'en sortir. C'est ça le problème. Monsieur Blais vient de rajouter encore plus de briques sur le mur qui les sépare de la vie active », plaide la coordonnatrice d' Action populaire Rimouski-Neigette, Rosalie Carrier-Cyr.

Le gouvernement de Philippe Couillard entend modifier le programme d'aide sociale du Québec. Il dit vouloir notamment assurer une plus grande équité entre les prestataires d'une aide financière de dernier recours, mais aussi entre les prestataires de cette aide et les travailleurs à faible revenu.

Le ministre entend consulter la population sur le projet de règlement. Il affirme que les modifications proposées pourraient faire économiser entre 11M$ et 15M$ au gouvernement.

Réactions de l'opposition

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de lutte contre la pauvreté, de solidarité et d'économie sociale, le député de Rimouski, Harold LeBel, accuse le gouvernement Couillard d'alimenter les préjugés à l'égard des prestataires de l'aide sociale.

Il est d'avis que la mesure concernant les restrictions de séjours à l'étranger est là uniquement pour servir de paravents à des changements beaucoup plus critiques pour les plus démunis.

« Tout le monde va dire voyager, ça n'a pas de bon sens, mais ça, c'est un écran de fumée pour faire passer la pilule, pour faire passer les coupes qui vont donner des résultats directement sur les conditions de vie de plusieurs personnes dans toutes les régions du Québec », croit le député péquiste.

Un programme particulier pour ceux qui vivent des limitations

Le mécontentement s'étend aussi à ceux qui vivent des contraintes sévères à l'emploi. À Rimouski, la présidente du Collectif pour une pension d'invalidité, Carole Saint-Laurent, se désole de cette nouvelle réforme. Elle représente mille personnes, souvent handicapées et milite justement pour que ces personnes relèvent d'un programme spécifique qui tiendrait compte de leurs limitations.

« Nous qui sommes sur les contraintes sévères à l'emploi allons payer le coût par la bande parce que comme on est dans le même programme que l'aide sociale, on est pris à subir les mêmes règles », craint la présidente.

Elle souhaiterait plutôt un programme de type Pension de vieillesse qui ne pose pas de contraintes. « On n'aurait plus besoin de se battre, à dire pourquoi nous autres on n'a pas le droit de sortir du pays, pourquoi nous autres on n'a pas le droit de vivre en couple », plaide Carole Saint-Laurent.

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