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Compressions : des projets de logement social en jeu

Des logements à Rimouski

Des locataires de Rimouski développent un projet de coopérative pour remplacer l'immeuble qu'ils habitent et qui tombe en ruine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De nouvelles restrictions au programme Accès-Logis menacent le développement de projets de logements sociaux dans l'Est du Québec, dénoncent des intervenants.

La semaine dernière, la Société d'habitation du Québec (SHQ) a confirmé que les critères de financement pour ces projets avaient été revus et que les budgets étaient pratiquement épuisés.

Ainsi, les responsables de projets de logement sociaux devront solliciter deux fois plus d'argent dans la communauté.

Dans ce contexte, le président de la coopérative de logements rue St-Pierre, Jean-Guy Lepage, estime qu'il devra amasser 45 000 $ plutôt que 20 000 $ pour mettre à terme le projet sur lequel il travaille depuis maintenant 5 ans.

« C'est toujours deux pas en avant pour un pas en arrière. Puis c'est dur à vivre, personnellement, pour beaucoup de nos membres. Aussi, on se pose des questions », fait-il valoir.

De la moisissure sur un plafond.

De la moisissure sur un plafond.

Photo : Radio-Canada

Le logement dans lequel M. Lepage vit tombe en ruine, de même que celui des autres locataires qui travaillent au projet avec lui. Le dernier étage de l'un des édifices a même été condamné, les plafonds coulent et des traces de moisissures sont bien visibles.

Le nouvel immeuble de 8 logements sociaux qui viendrait remplacer les édifices actuels est donc crucial pour eux. 

Une dizaine de projet en jeu

Au Bas-Saint-Laurent, une dizaine de projets du genre sont en jeu, prévient l'agente de développement à la Coopérative Atena de Rimouski, Marie Duchesne.

On parle de 179 unités pour 9 projets en élaboration dans le Bas-Saint-Laurent. C'est environ 5000 $ par unité qu'on perd pour un total de 895 000 $ 

Marie Duchesne, agente de développement à la Coopérative Atena de Rimouski

Pendant que Mme Duchesne ne compte pas ses heures afin de faire cheminer ses projets, son organisme se trouve lui-même victime des politiques du gouvernement Couillard, puisqu'une subvention annuelle tarde à lui être versé, rapporte-t-elle :

« C'est rendu qu'on accompagne les groupes à faible revenu, mais on est aussi à faible revenu. »

La situation est inacceptable pour le député de Rimouski, Harold Lebel, qui est également porte-parole de l'opposition officielle en matière de lutte à la pauvreté, de solidarité et d'économie sociale.

« On vient toucher des clientèles de gens plus démunis, de gens qui essaient de s'en sortir, qui essaie de trouver des solutions pour le logement. On vient encore les frapper de plein fouet, en même temps qu'on coupe à l'aide sociale, qu'on coupe dans autres domaines... C'est vraiment un impact très clair de ce qu'on appelle l'austérité. »

D'autant plus que M. Lebel est d'avis que les modifications apportées aux critères de financement des projets sont critiquées au sein même de la Société d'habitation du Québec.

« On voyait les démissions au sein de la SHQ, on voyait que ça n'allait pas très bien. Mais ça se rajoute au désengagement total », estime-t-il.

Le député compte bien interpeller les élus libéraux dans ce dossier cette semaine, à l'Assemblée nationale

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