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La gauche radicale remporte la victoire en Grèce

Des Grecs célèbrent la victoire.

Des Grecs célèbrent la victoire.

Photo : Alkis Konstantinidis / Reuter

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef de la gauche radicale Alexis Tsipras a promis dimanche soir de mettre fin à cinq années d'austérité, « d'humiliation et de souffrance » imposées par les créanciers internationaux de la Grèce. Son parti Syriza est donné grand vainqueur des élections législatives anticipées.

Après décompte d'environ 92 % des suffrages, Syriza est crédité de 36,3 % des voix, battant les conservateurs du premier ministre Antonis Samaras de huit points et demi. Le parti obtiendrait 149 élus sur les 300 que compte le Parlement grec.

Bien que plusieurs heures soient encore nécessaires avant la publication des résultats définitifs, Alexis Tsipras, 40 ans, paraît promis à devenir le prochain chef du gouvernement grec.

C'est la première fois au sein de l'Union européenne qu'un dirigeant ouvertement hostile aux politiques d'austérité voulues par l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) prend les rênes d'un pays membre.

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Alexis Tsipras devant ses partisans à Athènes

Photo : Marko Djurica / Reuters

« La Grèce laisse derrière elle une austérité catastrophique, elle laisse derrière elle la peur et l'autoritarisme, elle laisse derrière elle cinq années d'humiliation et d'angoisse », a affirmé Alexis Tsipras devant plusieurs milliers de ses partisans réunis à Athènes.

Face à ce changement politique majeur, les dirigeants européens estiment qu'Athènes doit respecter les termes de l'engagement pris dans le cadre du plan de sauvetage financier de 240 milliards d'euros.

Le chef de file de Syriza, qui a fait campagne sur le retour de l'espoir, a promis de renégocier la dette publique somptuaire de son pays laissant entrevoir la possibilité d'une
confrontation avec ses partenaires de la zone euro.

Réagissant à son succès annoncé, Alexis Tsipras a précisé dimanche qu'il entendait coopérer avec ses homologues de la zone euro afin de parvenir à une « solution équitable et mutuellement bénéfique » tout en rappelant que la priorité de sa politique resterait le peuple grec.

« Notre priorité dès le premier jour sera de panser les plaies laissées par la crise. Notre priorité absolue est que notre pays et notre peuple retrouvent leur dignité perdue », a-t-il affirmé.

Plusieurs années devraient être nécessaires avant une reprise économique de la Grèce mais sur le court terme Alexis Tsipras risque de faire face à des négociations ardues avec ses partenaires européens et en particulier avec la chancelière allemande Angela Merkel.

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Des partisans du parti Syriza

Photo : Marko Djurica / Reuters

Défi majeur pour la zone euro

Le futur chef du gouvernement grec a promis de maintenir son pays dans la zone euro et a quelque peu assoupli son discours anti-austérité. Il n'en demeure pas moins que son arrivée au pouvoir constitue le plus important défi que les pays liés par la monnaie unique aient eu à affronter depuis sa création.

Le premier dossier auquel va devoir s'attaquer le nouveau dirigeant grec concerne les conditions d'octroi de la prochaine tranche de l'aide internationale de 7 milliards d'euros, dont la Grèce a besoin dans les prochains mois.

Avant le scrutin, des responsables de Syriza ont expliqué que leur priorité en cas de victoire serait d'obtenir une suspension de six mois de l'application du plan d'aide
international censé s'achever le 28 février pour donner du temps aux négociations.

Cette question sera au centre des discussions des ministres des Finances qui seront réunis dès lundi à Bruxelles.

L'opposition exprimée par plusieurs dirigeants en Allemagne, dont le président de la Bundesbank Jens Weidmann, confirme que « les négociations ont déjà commencé », juge Panos Skourletis, porte-parole de Syriza.

Une autre inconnue dans la nouvelle équation politique concerne la majorité sur laquelle Syriza pourra compter au parlement.

Il semble, au vu des résultats partiels, que la gauche ne soit pas seule majoritaire. Il lui faudrait pour cela 151 élus. Elle va devoir composer avec des formations plus petites pour mener sa politique.

Les centristes de To Potami ont indiqué qu'ils étaient prêts à soutenir le nouveau gouvernement, mais au cas par cas. Ça laisse supposer qu'ils n'envisagent pas une participation à un éventuel gouvernement de coalition.

Les négociations pour la constitution d'un cabinet devraient débuter immédiatement avec les centristes de Stavros Theodorakis et avec les Indépendants grecs (anti-austérité) de Panos Kammenos.

L'enjeu d'une telle coalition est capital, car Syriza pourrait alors se trouver contraint de tenir compte des exigences de ses partenaires. Une telle situation poserait la
question de la durée du futur gouvernement.

Cameron et Hollande réagissent

Le premier ministre britannique David Cameron a réagi en estimant que le succès de la gauche radicale en Grèceconstituait un facteur « d'incertitude économique » pour
l'ensemble de l'Europe.

François Hollande a félicité le leader politique grec tout en rappelant la nécessaire coopération entre Paris et Athènes « au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro. »

Samaras admet sa défaite

Sans attendre les résultats, des partisans de Syriza sont descendus dans les rues d'Athènes dimanche soir. Certains étaient en pleurs et brandissaient le drapeau grec, en reprenant le slogan du parti : « L'espoir est en marche ».

Antonis Samaras a admis sa défaite. « Le peuple grec a parlé et nous respectons sa décision », a-t-il dit à la télévision.

Elément important, selon les premières projections, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) de l'ex-premier ministre George Papandreou n'atteindrait pas le seuil de 3 % des voix pour être représenté au Parlement.

Son échec pourrait aider Syriza à décrocher la majorité absolue, car le pourcentage des voix nécessaires pour y parvenir dépend du score des partis non représentés.

L'Aube dorée, d'extrême droite, est donnée troisième par les projections avec 6,3 % des suffrages devant le nouveau mouvement centriste To Potami (5,9 %) et les communistes du KKE (5,6 %). Au total, sept partis seraient représentés à la Vouli.

Les pourparlers avec l'UE et le FMI devraient porter avant tout sur les conditions du remboursement de la dette publique grecque qui atteint quelque 320 milliards d'euros, soit plus de 175 % du produit intérieur brut (PIB).

Syriza veut aussi remettre en cause certaines des mesures d'austérité des dernières années, en relevant le salaire minimum, en réduisant certaines taxes ou encore en revenant sur les coupes dans les pensions de retraite.

En six ans de crise, le PIB grec a chuté de près d'un quart et le taux de chômage dans le pays dépasse toujours 25 %.

La Grèce est encore incapable de lever des capitaux sur les marchés, mais elle n'a pas de besoins de financement immédiats. En revanche, quelque 10milliards d'euros de dettes arriveront à échéance au cours de l'été. Sans aide extérieure, Athènes risquerait donc un défaut.

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Des partisans de Syriza en Grèce se réjouissent des sondages à la sortie des urnes, qui placent le parti d’extrême gauche en tête.

Photo : Marko Djurica / Reuters

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