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Faut-il sortir les bouteilles de vin du bac de recyclage?

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Le verre récupéré par la collecte sélective trouve difficilement preneur depuis quelques années au Québec. Si bien qu'une bonne partie de ce verre retourne au dépotoir comme matériel de recouvrement.

Un texte de Michel MarsolaisTwitterCourriel

Plusieurs villes, comme Québec et Montréal, pensent qu'une consigne sur les bouteilles de vin résoudrait une partie du problème. Mais pour d'autres, cette option serait une vraie catastrophe.

Au Québec, on récupère de plus en plus, mais on recycle encore très peu. Une partie du contenu de nos bacs est exportée vers d'autres pays et des produits comme le verre sont actuellement, en partie, réacheminés au dépotoir, faute de débouchés rentables.

On ne sait plus trop que faire des 140 000 tonnes de verre envoyées chaque année à la récupération depuis la fermeture de l'usine de conditionnement Klareco à Longueuil en 2013.

« Ça allait à contre-courant de nos valeurs d'arrêter de traiter le verre, mais à un moment donné ça ne faisait plus de sens. Nous avions perdu 4 millions dans les deux dernières années », explique Johnny Izzi, directeur-général de Gaudreau Environnement, la société qui détenait Klareco.

Alors que plus de la moitié du verre dans nos bacs provient de la Société des alcools (SAQ), certains croient que la consigne des bouteilles d'alcool serait la solution.

Le gouvernement étudie cette option, mais la SAQ s'y oppose estimant qu'elle n'a pas l'espace pour gérer des bouteilles consignées et que le système de collecte sélective est mieux adapté à cette tâche.

« C'est un peu une aberration que nous au Québec on récupère les bouteilles de vin, mais qu'on les envoie au dépotoir alors que des recycleurs ici doivent s'approvisionner à l'extérieur », pense toutefois Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets.

Selon lui, la consigne permettrait de récupérer du verre moins contaminé qui trouverait plus facilement preneur. « Le verre consigné a une valeur marchande assez élevée contrairement au verre issu des centres de tri qui lui, a une valeur négative », dit-il.

Une fausse bonne idée

Mais plusieurs croient que l'élargissement de la consigne est une fausse bonne idée.

Il est loin d'être évident que les citoyens rapporteraient leurs bouteilles de vin consignées dans des proportions aussi élevées que celles qu'on retrouve dans les bacs de récupération. De plus, on ne laisserait aux récupérateurs que le verre de mauvaise qualité puisque les pots de verre ne seraient pas consignés.

« Le Front commun nous demande de reculer de 30 ans. On avait dans les années 80 un réseau de cloches dans nos villes et villages on s'en est débarrassé. Non seulement ce n'est pas une bonne idée, mais ça paralyse les investissements qui seraient nécessaires pour régler des problèmes, mais qui ne sont pas au niveau du citoyen et de la collecte porte-à-porte qui va bien. Le citoyen il fait ce qu'on attend de lui. Il met ses bouteilles au bac à 85 % », de dire Louise Fecteau, porte-parole de l'organisme Bac Plus.

« Je suis totalement, 100 % opposée à l'idée que la consigne va tout régler le problème du verre. C'est faux, c'est de la démagogie. Ça nous a pris 20 ans à habituer les gens à utiliser le bac de récupération adéquatement », déclare aussi Johnny Izzi.

Innover avec de nouveaux produits

Les récupérateurs pensent que la solution passe plutôt par le développement de nouveaux produits comme des dalles faites de verre broyé et de sac de plastique. Gaudreau Environnement commencera à produire ces dalles dès le mois de mars, mais on aura besoin du verre en quantité. On prévoit la construction d'une nouvelle usine en 2015.

Le verre peut aussi être ajouté au béton en remplacement du sable. « On met tellement d'énergie et d'argent à essayer de convaincre tout le monde inutilement que la solution passe par la consigne. Et combien d'argent met-on pour trouver des solutions, déplore Johnny Izzi. On veut créer de l'emploi au Québec. Quand on me chante que la consigne va créer de l'emploi, c'est de la foutaise. On va juste déplacer des emplois. »

La consigne pour les bouteilles de vin est déjà en place dans d'autres provinces canadiennes.

Environnement