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Lisée se retire et concède la victoire à Pierre Karl Péladeau

L'analyse de Sébastien Bovet
Radio-Canada

Le député du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée se retire de la course à la direction du parti. Il estime que Pierre Karl Péladeau a déjà remporté la victoire.

La campagne, elle commence dans quelques jours, mais politiquement, elle est terminée.

Jean-François Lisée

« Très majoritairement, le Parti québécois a fait le choix de Pierre Karl Péladeau, et c'est un choix qui est légitime », dit M. Lisée dans une vidéo sur YouTube adressée aux bénévoles qui ont participé à sa campagne.« Ce n'est pas notre premier choix, et pour peut-être certains d'entre nous, ce n'est pas notre deuxième choix, mais ce serait nous mentir à nous même que de continuer à faire une campagne qui est déjà terminée ».

Jean-François Lisée a expliqué qu'il avait tout de même récolté 2400 signatures de militants, soit plus que les 2000 requises pour le dépôt d'une candidature, et avait aussi les 10 000 $ requis pour se porter candidat, mais en conférence de presse, il a expliqué qu'il avait tout de même jugé inutile de poursuivre l'aventure.

Ce n'est pas que je me rallie, ce n'est pas que j'approuve, ce n'est pas que je cautionne, c'est que j'accepte cette réalité politique.

Jean-François Lisée

« Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu'au bout. Il faut l'accepter et souhaiter que ce moment nous mène à des victoires », a conclu M. Lisée.

Et s'il n'a pas l'intention pour autant de se rallier au magnat des médias, l'ancien conseiller de Jacques Parizeau et Lucien Bouchard promet de travailler avec lui s'il est élu chef en mai.

Le député a pris la décision de se retirer après une réunion jeudi soir avec son équipe de campagne, selon une source qui a requis l'anonymat.

Michel David analyse l'annonce de Jean-François Lisée qu'il se retire de la course à la direction du PQ

Des propos qui dérangeaient

Ces derniers mois, Jean-François Lisée avait créé un malaise chez les péquistes en s'opposant ouvertement à Pierre Karl Péladeau à propos de ses actifs dans Québecor. Jean-François Lisée avait notamment déclaré que la situation de Pierre Karl Péladeau était « intenable ».

M. Lisée était aussi à l'origine d'une controverse concernant ses positions sur la charte des valeurs, projet que portait Bernard Drainville au sein du gouvernement de Pauline Marois. Il a écrit dans son livre Le journal de Lisée, publié à l'automne, qu'il était favorable à l'adoption du document, mais avec un bémol. Pour qu'à ses yeux le projet soit acceptable, il aurait fallu que les employés actuels puissent continuer à arborer leurs symboles, faute de quoi, il aurait voté contre, a-t-il écrit.

L'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin avait réagi aux propos de Jean-François Lisée en jugeant que ce dernier était « cuit » au Parti québécois.

En conférence de presse aujourd'hui, M. Lisée s'est montré satisfait de la campagne qu'il a menée. « Je suis content d'avoir dit ce que j'ai dit - peut-être pas dans l'ordre où je devais le dire. Il y a des choses qui m'ont échappé, évidemment [...] mais essentiellement, j'ai dit ce que je voulais dire », a-t-il affirmé.

Par ailleurs, les sondages d'opinion n'étaient pas non plus très favorables au député de Rosemont.

C'est dommage qu'il ne poursuive pas la course à la chefferie. Il apportait une contribution importante au niveau des idées, au niveau des contenus. C'est un homme très articulé.

Martine Ouellet, candidate dans le course à la chefferie, réagissant à la nouvelle

« Abandonner, moi, c'est pas mon truc » - Alexandre Cloutier

Alexandre Cloutier va dans le même sens que Martine Ouellet en affirmant que Jean-François Lisée a le courage de mettre de l'avant ses idées : « Il ne faut pas avoir peur des débats, Jean-François, il s'est tenu debout », a-t-il souligné.

Mais relativement à Pierre Karl Péladeau, M. Cloutier dit ce qui suit : « L'adversaire est de taille mais c'est un peu comme si, lors d'un match de hockey, l'entraîneur du Canadien venait vous dire:''vous savez l'équipe de Boston est trop forte, on devrait peut-être laisser tombe''. Je vois pas les choses comme ça. J'ai commencé la course j'étais à 0 %. Là, je suis rendu deuxième ».

Les cinq candidats toujours en lice : Martine Ouellet, Alexandre Cloutier, Pierre Céré, Pierre Karl Péladeau et Bernard Drainville.

Pierre Céré n'a pas encore déposé son bulletin de candidature, mais les quatre autres candidats sont officiellement dans la course. Bernard Dranville est entré officiellement dans la course ce matin.

Les aspirants-chefs du Parti québécois doivent amasser 2000 signatures dans 50 circonscriptions de la province avant le 30 janvier 2015. Ils doivent aussi donner 10 000 $ en dépôt auprès du parti.

Jean-François Lisée a exposé en conférence de presse qu'il avait discuté avec certains de ses collègues de son choix de se retirer.

Je ne me voyais pas faire semblant et dire aux militants : vendez des cartes, aidez-moi à préparer les débats alors qu'on avait tiré la conclusion que ça ne servirait à rien.

Jean-François Lisée

Il a précisé que tous ne partageaient pas son analyse voulant que M. Péladeau a déjà gagné la course.

De son côté, le principal intéressé dit qu'il ne tient rien pour acquis. M. Péladeau, qui refuse d'accorder des entrevues aux médias aujourd'hui, estime que « rien n'est joué » et « compte travailler jusqu'au bout », selon son équipe de campagne.

Il a cependant exprimé sur Facebook son « souhait le plus profond de continuer à travailler ensemble dans la poursuite de la mission de celles et ceux qui nous ont précédés, afin d'atteindre notre objectif ultime de faire du Québec, un pays ».

Selon des sources au sein des organisations de ses adversaires, rapporte la Presse Canadienne, d'anciens collaborateurs de M. Lisée s'étaient mis au service d'Alexandre Cloutier et de M. Péladeau au cours des dernières semaines, ou s'en étaient à tout le moins rapprochés.

Pierre Karl Péladeau s'adresse aux militants après la cuisante défaite du Parti québécois le 7 avril 2014. À l’arrière, le député Jean-François Lisée.Pierre Karl Péladeau s'adresse aux militants après la cuisante défaite du Parti québécois le 7 avril 2014. À l’arrière, le député Jean-François Lisée. Photo : PC / Ryan Remiorz

 

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Avec les informations de La Presse canadienne

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