•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite est mort

Le roi d’Arabie saoudite, Abdallah ben Abdelaziz Al-Saoud

Photo : ? POOL New / Reuters

Radio-Canada

Hospitalisé depuis décembre en raison d'une pneumonie, le roi Abdallah d'Arabie saoudite est mort, a annoncé le palais royal dans un communiqué. C'est le prince héritier, son demi-frère Salmane, 79 ans, qui lui succède officiellement. Ce dernier assumait depuis peu les responsabilités du roi en raison de sa santé déclinante.

Le nouveau souverain a désigné le prince Moqren comme son héritier et prince de la couronne, une désignation qui doit maintenant être approuvée par le Conseil d'allégeance composé des membres de la famille royale.

Son altesse Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et tous les membres de la famille et toute la nation pleurent le Gardien des deux saintes mosquées, le roi Abdallah ben Abdelaziz, qui est décédé à 01 h 00 exactement ce matin. 

Communiqué du prince héritier Salman

La date de naissance exacte du défunt roi Abdallah est inconnue, mais on rapporte qu'il était âgé de 90 ou 91 ans. Il était monté sur le trône en 2005 après la mort de son demi-frère Fahd.

Continuité

Selon notre correspondante au Moyen-Orient, Marie-Eve Bédard, les politiques du nouveau roi devraient s'inscrire dans la continuité de celles de son frère.

« Le prince Salmane est considéré comme l'un des plus modérés de la famille royale, un réformateur. Le roi Abdallah était considéré, somme toute, dans un royaume très conservateur, comme un homme d'ouverture qui a modernisé tout au moins l'économie de son pays et qui a tenté de retirer certains des pouvoirs aux autorités religieuses », souligne-t-elle.

Le politologue et spécialiste du Moyen-Orient Sami Aoun abonde dans le même sens : « c'est la continuité », a-t-il affirmé. « Le nouveau roi est entouré par un semble de libéraux musulmans saoudiens qui croient qu'il faut limiter l'influence de l'establishment religieux. En ce sens, il faut espérer aussi qu'il pourrait reconduire un peu les relations avec l'Occident, surtout les États-Unis, à une phase plus stable, et permettre plus de développement et de libéralisation à l'intérieur », estime le politologue de l'université de Sherbrooke.

Les funérailles du roi Abdallah doivent avoir lieu vendredi.

Anne-Marie Dussault parle de la mort du roi Abdallah d'Arabie saoudite avec le politologue et spécialiste du Moyen-Orient Sami Aoun.

Hommages de Stephen Harper et Barack Obama

Stephen Harper a rendu hommage au défunt. « Nous sommes de tout cœur avec le peuple saoudien et nous pleurons le départ de cet homme. Nous offrons nos sincères condoléances à la famille du roi Abdallah et au peuple saoudien », a déclaré le premier ministre canadien par communiqué.

Le roi Abdallah était reconnu comme un ardent défenseur de la paix au Moyen-Orient. Il a aussi entrepris une vaste gamme d’importantes initiatives liées à l’économie, à la société, à l’éducation, à la santé et à l’infrastructure dans son pays.

Stephen Harper

Le président américain a aussi salué l'héritage du roi Abdallah. « Il a toujours été un dirigeant sincère ayant le courage de ses convictions », a déclaré Barack Obama dans un communiqué, parlant d'une « véritable amitié chaleureuse » avec le défunt roi.

« Il était convaincu que la relation saoudo-américaine était importante pour la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient et bien au-delà », a souligné encore le président.

L'étroitesse et la force de notre partenariat entre nos deux pays font partie de l'héritage du roi Abdallah.

Barack Obama

Lors de son règne de dix ans sur le royaume pétrolier, l'Arabie Saoudite et les États-Unis sont restés des alliés politiques et économiques.

De l'espoir pour Raïf Badawi?

Sami Aoun croit que la mort du roi Abdallah peut donner de l'espoir à la famille de Raïf Badawi. Le sort de ce blogueur, condamné à 10 ans de prison, à 300 000 $ d'amende et à 1000 coups de fouet pour cybercrime, apostasie et désobéissance à son père a soulevé l'indignation dans le monde.

Selon lui, le roi Abdallah avait déjà senti l'embarras lié à la mobilisation internationale. Des démarches étaient déjà en cours pour mettre le tout entre les mains de la Cour suprême, alors il est possible d'espérer qu'elles suivront leur cours. « Mais il y a des conditions, par exemple, que son père demande la clémence au roi », explique Sami Aoun.

Ce dernier estime que la clémence pourrait ne pas être totale, mais la flagellation pourrait par exemple être suspendue, et la peine d'emprisonnement écourtée. « L'Arabie saoudite est une machine lourde dans la bureaucratie, il y a beaucoup d'arbitraires dans le système judiciaire parce que la charia n'est pas codifiée là-bas dans tous les domaines », explique-t-il.

Avec les informations de Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

International