•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cri d'alarme d'un pharmacien propriétaire

Des pharmaciennes au travail
Radio-Canada

Le projet de loi 28 n'a rien pour améliorer l'accessibilité aux services de première ligne et ne permettra pas de désengorger les urgences, soutient Jean-François Desgagnés, pharmacien à Trois-Pistoles et porte-parole régional pour l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires.

Le projet de loi 28, visant l'équilibre budgétaire, contient des mesures pour permettre la pratique de nouveaux actes aux pharmaciens propriétaires.

Or, sur sept nouveaux actes, seulement trois seraient rémunérés, ce qui sème la consternation de pharmaciens propriétaires un peu partout en province.

Comme plusieurs, Jean-François Desgagnés redoute que cela ait pour effet de forcer les pharmaciens à réduire leurs services aux clients pour compenser les dépenses.

« Samedi dernier, j'ai une de mes collègues qui a fini de travailler à 17 h. Elle est allée chez une patiente à Saint-Mathieu qui ne comprenait pas comment utiliser ses médicaments pour l'asthme : elle s'est déplacée. Ce sont des choses qu'on ne pourra plus faire », illustre-t-il.

Plusieurs redoutent également de devoir réduire leurs heures d'ouverture.

Cette menace est réelle. Il va y avoir des diminutions de services dans les pharmacies. Il va y avoir des pharmacies qui vont fermer. La situation économique de notre région est trop précaire. Ce n'est pas vrai qu'on va toujours pouvoir faire plus avec moins.

Jean-François Desgagnés, pharmacien propriétaire

Les nouveaux actes rémunérés qui seraient accordés aux pharmaciens propriétaires en vertu du projet de loi 28 :

- la prescription d'un médicament quand aucun diagnostic n'est requis ;

- la prescription pour des conditions mineures ;

- les ajustements d'ordonnance.

Un système « à deux vitesses »

Jean-François Desgagnés redoute par ailleurs que s'installe un système « à deux vitesses ».

« Le pharmacien va être rémunéré uniquement pour les gens qui sont sur le programme d'assurance médicaments [publique]. Si vous avez une assurance privée, vous allez devoir payer ces frais-là sans avoir la garantie, au bout de la ligne, que votre assurance va rembourser », allègue-t-il.

Négociations

Le pharmacien propriétaire doit rencontrer le ministre responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jean D'Amour, vendredi.

Les pharmaciens sont des entrepreneurs en plus d'être des professionnels de la santé, fera valoir M. Desgagnés, qui milite pour que cette réalité soit prise en compte dans les négociations.

Québec veut imposer aux pharmaciens propriétaires une réduction de 177 millions de dollars dans les honoraires, pour les services aux personnes couvertes par l'assurance médicaments publique. La commission parlementaire sur le projet de loi 28 s'amorce vendredi.

Avec les informations de Monica Lalancette

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Est du Québec

Santé