•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Suspension de permis pour Claude Dubois

Claude Dubois
Claude Dubois

Le chanteur Claude Dubois échappe à la prison malgré une troisième condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies. Il devra plutôt s'acquitter d'une amende de 3000$ et voit son permis de conduire suspendu pour une période d'un an.

Un texte de Isabelle RicherTwitterCourriel

Deux semaines avant Noël, au palais de justice de Québec, le chanteur de 67 ans s'était engagé à reconnaître sa culpabilité et les deux parties s'entendaient pour faire une suggestion commune au juge: 90 jours de prison et une suspension du permis de conduire pour une période de trois ans.

Aujourd'hui, le juge Gilles Garneau de St-Jérôme a rejeté cette suggestion, bien trop sévère et en contradiction avec la jurisprudence.

Claude Dubois se présentait mercredi matin à St-Jérôme pour en finir avec son dossier de conduite en état d'ébriété qui remonte à juillet dernier à Québec, alors qu'une citoyenne a prévenu les policiers que le chanteur populaire avait une démarche titubante et qu'il était au volant d'une voiture avec deux jeunes enfants.

Interpellé, il s'est soumis à l'éthylomètre qui a révélé un taux d'alcool presque deux fois au-dessus de la limite permise (154 mg d'alcool par 100 ml de sang pour le premier test, 136 mg pour le second).

Ce n'était pas la première fois que Claude Dubois était inculpé pour de telles infractions, mais ses antécédents judiciaires remontaient à 1984, pour le premier, et 1996 pour le second.

La poursuite pouvait, si elle le jugeait à propos, déposer un avis de récidive pour obtenir que le tribunal tienne compte des antécédents et impose la peine prévue au Code criminel dans les circonstances, mais puisque les antécédents étaient si lointains, la jurisprudence convient que ce n'est pas approprié d'exiger de la prison.

Le juge Gilles Garneau s'est montré étonné qu'une telle entente ait été conclue à Québec et il a vite annoncé qu'il n'était pas d'accord avec cette proposition qui s'écartait manifestement des sentences habituellement imposées dans des cas semblables.

Me Nathalie Thibert, qui représente le DPCP dans cette affaire, semblait assez peu empressée de défendre cette suggestion commune avec vigueur. « Moi, je me fais la porte-parole de ma collègue de Québec » a déclaré Me Thibert, ajoutant que le juge avait toute discrétion pour accepter ou non la proposition. « C'est vous le patron » a lancé la procureure.

Quant à l'avocate de la défense, Me Marie-Eve Duplessis, qui avait pourtant donné son accord à cette suggestion en décembre dernier, elle a souligné qu'elle se sentait liée par l'engagement pris un mois plus tôt, mais que sa proposition en était plutôt une de 3000 $ d'amende et d'une suspension de permis pour une période d'un an.

Devant la suggestion initiale d'une suspension de permis de trois ans, le juge Garneau a même lancé à la blague « Y'a quelqu'un qui n'aime pas vos chansons! », suscitant quelques rires dans la salle.

Puis le magistrat a annoncé qu'il rejetait la suggestion commune pour se rendre aux arguments de la défense, mais non sans avoir sermonné le chanteur pour son comportement irresponsable.

« C'est évident, M. Dubois, que vous allez devoir prendre conscience que si vous conduisez en état d'ébriété avec vos enfants, vous allez finir par les perdre. Ou bien vous aurez un accident, ou bien la DPJ va s'en mêler parce que vous les mettez en danger. Vous pouvez consommer de l'alcool, mais restez dans votre salon sinon la prochaine fois, et c'est votre troisième avertissement, vous ne pourrez pas éviter la prison », a souligné le juge.

Société