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Des médicaments à usage restreint vendus sans conseils en pharmacie

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau
Radio-Canada

Plusieurs employés de pharmacie n'offrent aucun conseil aux clients lors de l'achat d'un médicament à usage restreint. C'est ce qu'a révélé une vaste enquête menée par l'émission Marketplace de CBC. Les journalistes ont découvert que plus de la moitié des employés de pharmacies interrogés au pays vendaient des médicaments à usage restreint sans donner de conseils sur de possibles interactions dangereuses avec d'autres médicaments.

Une enquête de CBC News réalisée avec des caméras cachées a révélé que des médicaments étaient vendus sans suivi ni directives partout à travers le pays. Des journalistes ont tenté de se procurer des médicaments à usage restreint, c'est-à-dire ceux qui sont gardés derrière le comptoir de la pharmacie, mais pour lesquels une ordonnance du médecin n'est pas nécessaire.

Parmi ces médicaments, le Palafer est un supplément de fer qui peut réduire l'effet de certains antibiotiques. Mais aucune des cinq pharmacies visitées en Saskatchewan n'a fourni de conseils sur les interactions possibles avec d'autres médicaments, ni même sur la procédure à suivre lors de sa consommation.

« Si c'est ce qui se passe, c'est décevant, car cela va à l'encontre de nos normes et pratiques qui requièrent d'engager le dialogue avec le patient », explique Ray Joubert, secrétaire général du collège des pharmaciens de la Saskatchewan.

Sur 50 pharmacies visitées au pays, seulement 23 ont fourni des conseils aux patients, mais aucune n'a donné d'information sur des interactions avec d'autres médicaments qui pourraient s'avérer dangereuses.

Un patient, Gary Evjen, dit avoir subi un malaise après avoir ingéré un médicament prescrit par son dentiste à la suite d'une extraction de dents. Son pharmacien de famille, qui selon lui, connaît bien ses antécédents médicaux, ne l'a cependant jamais prévenu des risques que pouvait entraîner ce médicament dans sa condition. « Ce qui me fâche, c'est d'avoir la bonne information médicale, mais les mauvais médicaments », s'insurge Gary Evjen.

De son côté, l'Association canadienne des pharmaciens se défend en affirmant que la majorité des pharmacies donnent les indications appropriées.

L'enquête a été menée dans neuf villes canadiennes, soit Vancouver, Edmonton, Regina, Winnipeg, Toronto, Ottawa, Gatineau, Montréal et Halifax.

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