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Le PQ s'inspire d'une ex-libérale pour réclamer un observatoire sur l’intégrisme religieux

Pression du PQ contre l'intégrisme religieux : reportage de Davide Gentile
Radio-Canada

Le PQ a décidé de s'inspirer de l'ex-députée Fatima Houda-Pepin, expulsée du caucus du Parti libéral il y a un an en plein débat sur la charte, pour lutter contre l'intégrisme religieux.

La députée péquiste Agnès Maltais a annoncé mercredi que son parti déposera, dès la rentrée parlementaire, un projet de loi pour aider à prévenir le« radicalisme religieux ». Il y sera notamment proposé de créer un observatoire afin de « documenter » et de « mieux comprendre le phénomène ».

« Vous y retrouverez l'esprit de ce qui avait été déposé à l'époque par Mme Fatima Houda Pépin », a expliqué la porte-parole péquiste pour la charte de la laïcité.

La députée de confession musulmane estimait alors que le « Parti libéral de M. Couillard » ne lui donnait plus « la liberté d'action » pour continuer sa lutte contre l'intégrisme religieux.

Mme Maltais a précisé que cet observatoire impliquera également « des gens de l’extérieur de la joute politique ».

Nous demandons au gouvernement de documenter et de vérifier l’hypothèse soulevée selon laquelle il y aurait du financement d’écoles et de lieux de culte par des mouvements islamistes radicaux.

Agnès Maltais, porte-parole de l’opposition officielle pour la charte des valeurs

Mme Maltais interpelle par ailleurs M. Couillard pour qu’il mette en pratique plus rapidement une de ses promesses électorales faite en avril dernier.

Nous demandons au gouvernement de déposer un projet de loi sur la neutralité religieuse et l’égalité homme-femme.

Agnès Maltais, porte-parole de l’opposition officielle pour la charte des valeurs

Philippe Couillard s'était en effet engagé à présenter avant la fin de son mandat en 2018 un projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État et des mesures contre l'intégrisme.

En novembre 2013, alors qu'ils étaient dans l'opposition, les libéraux préparaient un projet de loi pour contrer l'intégrisme religieux. Le texte se voulait surtout un moyen « d'encadrer la neutralité religieuse de l'État ».

À 24|60, Fatima Houda-Pepin commente la décision du PQ de déposer un projet de loi pour aider à prévenir le radicalisme religieux.

Il est temps d'agir, dit Houda-Pepin

En entrevue à l'émission 24/60 à Radio-Canada, l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin a rappelé que son projet de loi avait été conçu « sans partisanerie » et qu'il était temps d'agir pour prévenir les dérives de l'intégrisme religieux.

On ne peut pas continuer de fermer les yeux, de banaliser ces phénomènes-là.

Fatima Houda-Pepin, ex-députée libérale

Mme Houda-Pepin a souligné que le radicalisme « commence d'abord et avant tout par l'endoctrinement ». Aucune mesure ne peut donner de bons résultats si elle ne s'attaque pas à ce phénomène, a-t-elle affirmée.

Elle a également insisté sur la nécessité de s'y attaquer comme un phénomène politique, qui instrumentalise la religion.

Lorsqu'on parle d'islamisme radical, on parle d'un mouvement politique, idéologique. On n'est plus dans le registre de la religion.

L,l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin

L'ex-députée libérale préconise une démarche concrète sur le terrain pour documenter le phénomène des intégrismes, ses manifestations et son financement pour avoir enfin des données factuelles.

Cette démarche aura pour conséquence de « dédouaner les communautés musulmanes ». « On va les libérer du poids qu'on leur fait supporter », a-t-elle souligné.

À Montréal, des mouvances à travers certaines organisations plaident pour l'application de la Charia et certaines écoles enseignent les bases de l'islamisme à leurs élèves, reconnaît Mme Houda-Pepin.

La meilleure réponse qui doit leur être apportée est une loi sur la neutralité religieuse. Le message va être clair pour tout le monde :« C'est la loi du Québec, du Canada qui s'applique ».

Mme Houda Pepin préfère toutefois parler de neutralité religieuse de l'État contrairement au concept de la laïcité qui renvoie au catholicisme.

« Moi, je voulais que le modèle de la neutralité colle à notre histoire », explique-t-elle, avant de préciser que « la neutralité religieuse n'est pas la négation des religions. »

Politique