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Péladeau prône l'interdiction de signes religieux pour les enseignants

Pierre Karl Péladeau a répondu aux questions des journalistes avant le caucus du Parti québécois.

Pierre Karl Péladeau a répondu aux questions des journalistes avant le caucus du Parti québécois.

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau s'est montré favorable, mercredi, à une interdiction du port des symboles religieux par les fonctionnaires en position d'autorité ainsi que par les enseignants.

M. Péladeau a présenté succinctement sa position avant d'aller rejoindre ses collègues députés réunis en caucus en prévision de la prochaine rentrée parlementaire.

Dans un bref échange avec les journalistes, M. Péladeau a affirmé qu'il appuie une recommandation du rapport de la commission Bouchard-Taylor concernant les fonctionnaires en position d'autorité.

Le député de Saint-Jérôme a expliqué qu'il est d'accord avec l'interdiction du port de symboles religieux par les magistrats, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, ainsi que par le président et le vice-président de l'Assemblée nationale du Québec.

M. Péladeau a cependant ajouté que les enseignants devraient également être soumis à cette interdiction.

Constatant qu'un nouveau sondage montrant qu'une majorité de Québécois seraient favorables à l'adoption d'une charte de la laïcité, M. Péladeau a affirmé que le premier ministre Philippe Couillard essaie d'éviter le débat.

« Il semble que le gouvernement libéral de M. Couillard ne considère pas que cette question est importante, il botte en touche, a-t-il dit. Je pense que les Québécois sont clairs à l'effet qu'effectivement une pièce législative est importante. »

Laissant la porte ouverte au résultat qui pourrait émerger d'un débat parlementaire sur un éventuel projet de loi, M. Péladeau a cependant exprimé son appui à la suggestion de Bouchard-Taylor.

« Moi, personnellement, je suis d'accord avec ça, a-t-il dit. [...] Tout le détail, je ne peux pas vous dire, mais effectivement, tout ce qui est en autorité serait quelque chose d'important. »

M. Péladeau n'a pas voulu dire avec quels éléments du projet de loi 60 du Parti québécois, qui proposait d'interdire les symboles religieux à l'ensemble des fonctionnaires, il était d'accord, mais il a précisé l'importance d'inclure les enseignants.

« J'ai une opinion là-dessus, je pense que ça ne devrait pas avoir lieu, mais encore là, ça va être une question qui va être débattue », a-t-il dit.

Notre dossier

De Davos, le premier ministre Philippe Couillard s'est gardé de commenter les débats en cours au PQ, soulignant qu'il faudra de toute façon attendre la fin de la course à la direction afin de savoir où campe ce parti.

Candidat à la direction du PQ lui aussi, le député Bernard Drainville, qui a porté le projet de loi 60, a présenté récemment une version révisée de sa proposition, dans laquelle il a renoncé à interdire les symboles religieux dans les universités, les cégeps et les municipalités.

Tous les fonctionnaires en position d'autorité seraient visés par l'interdiction, tout comme les employés des centres de la petite enfance, des hôpitaux et les enseignants. Seuls les nouveaux employés de ces institutions seraient toutefois soumis à cette règle.

Le chef intérimaire péquiste Stéphane Bédard a affirmé que le point de départ du PQ demeurerait toutefois le projet de loi 60, que les péquistes étaient prêts à aménager.

« Nous au PQ on n'a aucun malaise à discuter de ça pour voir comment on peut améliorer le projet de loi qu'on a déposé ou le traiter différemment, a-t-il dit. Au moins, ayons une position concrète. Le Québec a besoin d'un signe clair que le gouvernement s'intéresse à cette question. »

En déplacement en Europe, M. Couillard a affirmé au cours des derniers jours qu'il ne fallait pas précipiter le débat sur la laïcité pour éviter de faire le lien entre la question des symboles religieux et les récents actes terroristes de djihadistes à Paris.

En avril dernier, M. Couillard s'était montré plus pressé de régler la question, « très tôt » dans son mandat, un objectif qu'il a nuancé cette semaine en promettant d'agir d'ici la prochaine élection de 2018.

Sans faire de lien explicite avec le séjour de M. Couillard en Arabie saoudite, où il a travaillé comme médecin, M. Bédard a toutefois constaté un malaise du premier ministre sur la question de la laïcité, ce qu'il a attribué à son « historique ».

« Il y a un malaise qu'on perçoit, je ne sais pas si c'est dans les événements qu'il a vécus, les travaux qu'il a faits, je ne le sais pas », a-t-il dit en réclamant des explications à ce sujet à M. Couillard.

Le député péquiste, Alexandre Cloutier, candidat à la direction dont la position est semblable à celle de M. Péladeau, a estimé qu'un consensus serait facile à atteindre au sein du PQ et avec la Coalition avenir Québec et Québec solidaire.

« On ne s'obstinera pas pour savoir si on ajoute les profs ou non, si ça prend la clause grand-père, a-t-il dit. Je suis convaincu qu'on est capables de s'asseoir tout le monde ensemble et trouver le bon consensus. La CAQ voulait les profs, Québec solidaire n'en voulait pas, honnêtement si c'est juste ça le problème, on va le régler. »

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