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Yémen : des rebelles investissent le palais présidentiel

Un milicien chiite monte la garde sur la route qui mène au palais présidentiel, à Sanaa.

Un milicien chiite monte la garde sur la route qui mène au palais présidentiel, à Sanaa.

Photo : La Presse canadienne / AP/Hani Mohammed

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Sanaa, des combattants de la milice chiite Ansarallah se sont lancés mardi à l'assaut du palais présidentiel et de la résidence du chef de l'État Abd Rabbo Mansour Hadi. Des affrontements ont été rapportés aux deux endroits, et le sort du président est incertain. 

« Le président du Yémen est la cible d'une attaque de miliciens armés » qui « veulent renverser le régime », a déclaré la ministre de l'Information, Nadia Sakkaf, sur son compte Twitter. Selon elle, la résidence privée du président a été bombardée.

Un haut responsable militaire a affirmé à l'Agence France-Presse que les miliciens chiites, appelés Houthis, se sont emparés du complexe du palais présidentiel, où une fusillade avait éclaté au préalable. Selon lui, ils « sont entrés dans le complexe et pillent des armes dans les dépôts ».

Un cadre houthi, Ali Al-Bukhaiti, a aussi confirmé sur son compte Facebook qu'Ansarallah « avait pris le contrôle du complexe présidentiel ». Un chef des rebelles a cependant déclaré à Reuters que les miliciens voulaient « protéger » le complexe contre des pillages, et non s'en emparer.

L'agence de presse britannique soutient en outre que des gardes présidentiels ont confirmé qu'ils ont abandonné le palais présidentiel après un affrontement avec les miliciens.

Des combattants chiites armés encerclent aussi depuis lundi soir la résidence du premier ministre Khaled Bahah.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelle à un arrêt immédiat des combats au Yémen. Son bureau de presse indique qu'il est « sérieusement préoccupé par l'aggravation de la situation » et qu'il « condamne les violents affrontements entre les groupes armés Ansarallah et les gardes présidentiels yéménites à Sanaa.

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni à huis clos mardi pour discuter de la situation. L'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, Djamal Benomar, a déclaré aux représentants des 15 pays membres du Conseil que les Houthis ont convaincu des unités militaires de ne pas les combattre, selon un diplomate qui était présent.

Une crise engendrée par un projet de constitution

Les miliciens d'Ansarallah contrôlent une grande partie du pays et de la capitale depuis le mois de septembre. Lundi, ils s'étaient approchés du palais présidentiel, avant qu'une trêve ne soit déclarée. Les combats avaient tout de même fait 9 morts et 67 blessés.

La colère des miliciens chiites a été provoquée par leur refus d'entériner un projet de constitution qui les priverait notamment d'un accès à la mer. Samedi, l'un des architectes de ce projet, le chef de cabinet du président Hadi, Ahmed Awad ben Moubarak, a d'ailleurs été enlevé par des miliciens.

Les Houthis avaient déjà promis « d'envenimer la situation » si leurs demandes en faveur d'une nouvelle loi fondamentale qui leur soit plus favorable n'étaient pas entendues.

Les miliciens houthis semblent avoir l'appui de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, qui demeure influent dans le pays. Un officier de la garde présidentielle a déclaré à l'AFP que des soldats et des combattants sont sortis de la résidence du fils de l'ex-président Saleh lundi pour prêter main-forte aux Houthis.

Les Houthis ne sont pas les seuls à lutter contre le pouvoir en place. Le pays abrite aussi des combattants d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, qui ont revendiqué l'attentat perpétré contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, le 7 janvier, à Paris.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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