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Ottawa ne renouvellera pas un projet de recherche sur le terrorisme

Ahead of a planned budget surplus next year, Canada's Prime Minister Stephen Harper announced a $5.8 billion federal infrastructure investment over three years.

Photo : La Presse canadienne / Dave Chidley/CP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des documents fédéraux confirment qu'Ottawa entend mettre fin d'ici 2016 au projet Kanishka, un programme de recherche portant spécifiquement sur le terrorisme.

D'après les informations de Madeleine Blais-MorinTwitterCourriel

Plus de 35 projets de recherche ont été financés depuis que le gouvernement Harper a annoncé cette enveloppe de 10 millions de dollars, en 2011.

Les projets subventionnés portent notamment sur les paroles haineuses, l'extrémisme violent et les conversions religieuses. Ils ont pour but de mieux comprendre le terrorisme dans le contexte canadien.

Avec les événements récents qui ont secoué tant le Canada que la France et l'Australie, le gouvernement a promis de faire de la lutte contre le terrorisme une priorité. Déjà, il laisse entendre qu'il pourrait donner de nouveaux outils aux policiers.

Or, l'échéance du projet Kanishka arrive l'an prochain et pour certains chercheurs, la menace terroriste est loin d'avoir révélé tous ses secrets. Ils craignent que le gouvernement ait plus de mal à élaborer ses politiques de façon adéquate s'il se prive de recherche.

« Si le gouvernement ne dispose pas d'analyses efficaces ou d'analyses menées dans les règles de l'art, alors il me semble extrêmement difficile pour ce gouvernement d'avoir une politique publique cohérente », fait valoir Samuel Tanner, professeur adjoint à l'École de criminologie de l'Université de Montréal.

Selon Rosane Doré Lefebvre, du Nouveau Parti démocratique, il s'agit d'un manque de vision.

« Le ministre Blaney devrait passer de la parole aux actes et arrêter de couper le financement dans tous les programmes qui sont intéressants en matière de sécurité publique et d'investir là où c'est important.  »

— Une citation de  Rosane Doré Lefebvre 

Le 23 juin 1985, une bombe fait exploser l'avion du vol 182 de la compagnie Air India. Le Boeing 747, surnommé « Kanishka », a à son bord 329 passagers et membres d'équipage, des Canadiens en majorité, qui sont tous tués. Des sections radicales de la communauté sikhe de Vancouver est à l'origine de cet attentat terroriste, le pire de toute l'histoire du Canada.

La réponse du gouvernement

Le bureau du ministre de la Sécurité publique affirme que depuis sa création, le projet Kanishka avait également comme objectif de créer des liens durables avec d'autres initiatives à long terme, notamment le Programme de liaison-recherche, le Programme de coopération de la Défense, le Programme de recherche et d'information en sécurité internationale, ainsi que le Programme canadien pour la sûreté et la sécurité, qui étudie plusieurs sujets liés à la lutte contre le terrorisme.

« En plus des initiatives de sensibilisation et d'engagement des collectivités du ministère de la Sécurité publique et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), notre gouvernement demeure déterminé à annoncer de nouvelles mesures afin de s'assurer que nos agences de sécurité aient les outils nécessaires afin de maintenir la sécurité nationale du Canada.  »

— Une citation de  Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole du ministre de la Sécurité publique Steven Blaney 

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