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Des soldats canadiens échangent des tirs avec des combattants de l'État islamique

Des soldats canadiens, lors de leur départ pour l'Irak, depuis la base de Cold Lake, en Alberta, le 22 octobre 2014.

Des soldats canadiens, lors de leur départ pour l'Irak, depuis la base de Cold Lake, en Alberta, le 22 octobre 2014.

Photo : REUTERS/Caporal Audrey Solomon/Canadian Armed Forces/Handout

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des soldats canadiens dépêchés en Irak pour participer à la lutte contre le groupe armé État islamique ont essuyé des tirs ennemis et ont été contraints de répliquer, affirme le commandant des Forces d'opérations spéciales du Canada.

Lors d'une conférence de presse donnée lundi après-midi, le brigadier-général Michael Rouleau a expliqué que les militaires visitaient un poste de première ligne avec les forces irakiennes la semaine dernière lorsqu'ils ont essuyé des tirs de mitrailleuses et de mortiers.

Les Canadiens ont répliqué et ont neutralisé l'ennemi; il n'y a pas eu de blessés dans leurs rangs.

Selon le brigadier-général, cela ne signifie pas pour autant que l'engagement du Canada dans ce conflit s'intensifie. Bien que la mission de l'armée canadienne soit une mission de formation et non de combat, les soldats sont autorisés à répliquer s'ils sont la cible de tirs.

« La situation est beaucoup plus nuancée. On ne peut pas dire que, parce qu'il y a un échange de coups de feu, on est soudainement rendus dans une mission de combat. »

— Une citation de  le brigadier-général Michael Rouleau, commandant des Forces d'opérations spéciales du Canada

Selon le brigadier-général, les soldats canadiens doivent aider l'armée irakienne dans la planification de ses opérations, dans la défense de ses positions et dans des opérations offensives, notamment pour la coordination des frappes aériennes. Ils doivent aussi offrir de la formation aux soldats irakiens.

Selon lui, les soldats sont très loin du front environ 80 % du temps.

Vers un nouveau débat au Parlement

Lorsque le ministre de la Défense du Canada Rob Nicholson a autorisé le déploiement des quelque 60 soldats des forces spéciales, en octobre, il a assuré qu'ils allaient seulement jouer un rôle de soutien.

Lundi, le porte-parole du premier ministre Harper, Jason MacDonald, a réitéré que les troupes canadiennes ne menaient pas d'offensive, bien que leur mission comporte bel et bien des risques.

« Une mission de combat, c'est quand les troupes avancent et veulent s'impliquer physiquement, agressivement et directement avec leur ennemi. Ce n'est pas le cas avec cette mission. »

— Une citation de  Jason MacDonald, porte-parole du premier ministre Stephen Harper

L'opposition croit néanmoins que le gouvernement joue sur les mots. « Appelez ça comme vous voulez, ce n'est pas ce qu'on nous a dit », a commenté le député néo-démocrate Jack Harris.

Roland Paris, spécialiste en sécurité à l'Université d'Ottawa, est aussi de cet avis. « Si on envoie des soldats canadiens sur les lignes de combat, s'ils utilisent leurs armes même si c'est en autodéfense, c'est très difficile de dire que ce n'est pas du combat », a-t-il dit.

Ces révélations de l'armée canadienne surviennent à quelques jours de la reprise des travaux parlementaires et relancent le débat sur la mission canadienne en Irak et son possible prolongement.

Jusqu'à nouvel ordre, Ottawa s'est engagé pour une période de six mois, qui vient à échéance en avril.

L'État islamique a cessé toute progression, selon la Défense nationale

La coalition internationale qui combat l'État islamique en Irak a réussi à arrêter leur progression, mais il faudra néanmoins « des années » avant que l'on puisse déclarer victoire, affirme pour sa part le lieutenant-général Jonathan Vance, du Commandement des opérations interarmées du Canada.

Le lieutenant-général Vance a affirmé que les frappes aériennes de la coalition internationale, dont fait partie le Canada, ont réussi à stopper l'avancée du groupe et à les placer sur la défensive. « Maintenant, nous les affaiblissons », a-t-il affirmé.

« Nous avons perturbé leur liberté de mouvement, leur capacité de commandement et de contrôle, et limité leur capacité de mener à bien des opérations de grande envergure. »

— Une citation de  le lieutenant-général Jonathan Vance

« Dans les étapes simultanées à venir, il sera question d'entraîner, de conseiller et d'assister les forces de sécurité irakiennes, afin qu'elles puissent rétablir leurs forces, combattre le groupe EI, et en fin de compte, assurer leur propre sécurité », a indiqué le lieutenant-général Vance.

Six CF-18 canadiens ont effectué 230 sorties pour le compte de la coalition internationale, selon le ministère de la Défense.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Six CF-18 canadiens ont effectué 230 sorties pour le compte de la coalition internationale, selon le ministère de la Défense.

Photo : La Presse canadienne / US Air Force/Staff Sgt. Perry Aston

Selon le ministère de la Défense, les aéronefs canadiens qui sont mobilisés pour cette mission depuis la fin du mois d'octobre ont effectué 358 sorties jusqu'ici, soit 230 menées par six chasseurs CF-18, 67 autres par des appareils de reconnaissance Aurora, et 61 par un avion de ravitaillement Polaris.

Au total, les pays membres de la coalition ont mené quelque 900 frappes, visant selon lui des véhicules, des équipements de combat, des édifices ou des entrepôts de munitions.

Le lieutenant-général Jonathan Vance a cependant prévenu que le groupe était loin d'être défait:

« Il ne s'agira pas d'un combat facile, et il restera beaucoup à faire dans les domaines de l'instruction et de l'aide avant qu'un niveau de réussite important soit atteint. »

— Une citation de  Le lieutenant-général Jonathan Vance

La victoire totale contre le groupe armé État islamique « prendra sans doute de longues années », a-t-il ajouté, en précisant que les membres de la coalition ne sont qu'au « début de la campagne ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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