•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Combattre la maladie d'Alzheimer en prêtant son corps à la science

Le reportage de Marie-Ève Cousineau

Michel Jacob combat la maladie d'Alzheimer en donnant de son temps. L'homme de 63 ans de Saint-Barnabé subit, tous les trois mois, une batterie de tests à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas à Montréal. Comme 230 volontaires québécois, il participe à une étude du Centre de recherche en prévention de la maladie d'Alzheimer, la première du genre au Canada.

Un texte de Marie-Eve CousineauTwitterCourriel

L'objectif de l'étude de l'Institut Douglas : trouver des marqueurs biologiques, des signes que l'alzheimer commence à se développer, dans le cerveau, entre autres.

Prises de sang, tests de mémoire des odeurs, examens d'imagerie par résonance magnétique dans un scanner : les volontaires sont scrutés à la loupe. Un de leurs proches (un père, une mère, un frère ou une soeur) souffre de la maladie.

Il ne faut pas être claustrophobe pour aller dans le scan, l'imagerie cérébrale. On peut passer trois quarts d'heure, une heure dans le scan. Et même à l'intérieur, on nous fait travailler sur ordinateur pour faire des tests de mémoire.

MIchel Jacob, participant 

Michel Jacob a fait de l'alzheimer sa cause. Sa mère de 95 ans souffre de la maladie depuis cinq ans. « Elle était entièrement autonome, dit-il. Elle gérait son duplex. Ses finances, tout ça. Et rapidement, c'est le déclin. La fierté d'une personne... »

Pour faire avancer la science, le conseiller financier accepte même de subir des ponctions lombaires. Beaucoup de participants à cette étude en font autant. « C'est certain que j'ai hésité, dit Michel Jacob. Je ne savais pas trop c'était quoi. Ça fait peur au début, mais par après, c'est pas plus dur qu'aller chez le dentiste finalement. »

Grâce à ces ponctions lombaires, les chercheurs parviennent à prélever un liquide en contact avec le cerveau. « On peut analyser la chimie du système nerveux central d'une manière plus fine que si l'on utilisait des tests sanguins uniquement », explique le directeur du Centre de recherche en prévention de la maladie d'Alzheimer de l'Institut Douglas, John Breitner.

Prévenir plutôt que guérir

Avec cette étude, l'équipe de Douglas souhaite trouver, un jour, un médicament pour prévenir la maladie d'Alzheimer. Elle mène d'ailleurs une étude contrôlée randomisée sur un médicament, le Naproxène, un anti-inflammatoire déjà utilisé pour d'autres problèmes de santé. 

On a essayé depuis la dernière approbation d'un médicament Alzheimer, en 2003, plus de 160 médicaments expérimentaux, qui ont tous échoué sans exception.

Judes Poirier, directeur de la recherche sur le vieillissement, la mémoire et la maladie d'Alzheimer à l'Institut Douglas

Le chercheur Judes Poirier croit qu'il faut retarder le développement de la maladie plutôt que tenter de la traiter. « Si on réussit à retarder la maladie d'Alzheimer d'à peine cinq ans, on éliminerait en 20 ans, en une génération, 50 % de tous les cas d'Alzheimer à travers le monde. » Les gens mourraient alors de vieillissement ou d'une autre maladie.

La maladie d'Alzheimer au Canada

750 000 personnes atteintes
1,4 million de personnes touchées en 2031 si rien n'est fait 

Grand Montréal

Santé