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Caricature de Mahomet : la colère ne s'éteint pas

Radio-Canada

 La colère contre la caricature de Mahomet publiée dans l'hebdomadaire français Charlie Hebdo est montée d'un cran samedi au Niger, où au moins cinq personnes ont été tuées dans des incendies qui ont éclaté dans des églises et des bars.

Une flambée de violences a secoué la capitale Niamey où la police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène sur des centaines de manifestants devant la principale mosquée de la ville.

Au moins huit églises, pour la plupart évangéliques, ont été incendiées. Des nombreux bars, hôtels et commerces divers appartenant à des non-musulmans ou à des entreprises françaises, ont également été détruits.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou est intervenu samedi soir à la télévision pour appeler au calme. Il a annoncé l'ouverture d'une enquête en promettant de punir les auteurs de violences. « Ceux qui pillent et profanent des sites religieux, ceux qui persécutent et tuent leurs compatriotes chrétiens ou les étrangers qui vivent sur notre sol n'ont rien compris à l'islam », a-t-il déclaré.

La veille, cinq personnes sont mortes et 45 autres ont été blessées à Zinder, deuxième ville du Niger, où une manifestation a tourné à l'émeute. La colère suscitée par la une du Charlie Hebdo illustrant le prophète Mahomet qui pleure et pardonne a suscité des manifestations et des violences jusqu'au Pakistan.  

Des manifestations jusqu'en Russie

Samedi, cette colère s'est aussi exprimée en Ingouchie. Dans cette république russe de confession musulmane, 15 000 personnes ont protesté contre « les caricatures du prophète, l'islamophobie et l'insulte contre les croyances des musulmans ».

Bien que la Russie ait appuyé la marche contre le terrorisme organisée à Paris dimanche dernier, de nombreux médias et responsables russes dénoncent les caricatures de Mahomet.

Le président de l'Ingouchie a, lui, décrit les dessins comme « un extrémisme d'État de la part de quelques pays occidentaux ».

Hollande défend la liberté d'expression

Lors d'un point de presse samedi, le président français François Hollande a opposé à ces manifestations « l'idéal » et les « valeurs » de la France.

« On voit qu'il y a des tensions, des tensions à l'extérieur où les populations ne comprennent pas ce qu'est l'attachement à la liberté d'expression », a déclaré le président, en visite à Tulle, une commune du sud-ouest de la France.

« Mais aussi, ces pays, on les a soutenus dans la lutte contre le terrorisme. Et donc, je veux leur exprimer toujours ma solidarité, mais en même temps, la France, elle, a des principes, elle a des valeurs et ces valeurs, c'est notamment la liberté d'expression », a-t-il ajouté.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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