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Décès de l'ex-felquiste Francis Simard

Francis Simard

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'ancien felquiste Francis Simard est mort samedi à l'âge de 67 ans. Il serait décédé chez lui après avoir été victime d'une rupture de l'aorte.

Francis Simard faisait partie de la célèbre cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ), en compagnie des frères Paul et Jacques Rose et de Bernard Lortie.

Les membres de cette cellule avaient enlevé le ministre libéral Pierre Laporte devant chez lui le 10 octobre 1970, en banlieue de Longueuil, et l'avaient séquestré pendant une semaine.

Le 17 octobre, au lendemain de l'implantation de la Loi sur les mesures de guerre, la cellule Chénier avait annoncé la mort du ministre Laporte, qui a été retrouvé sans vie dans un coffre de voiture.

Francis Simard a été condamné à la prison à vie en 1971, mais a été libéré après 11 ans de détention en 1982.

Il a raconté les événements d'Octobre 1970 dans son livre Pour en finir avec Octobre, qui a inspiré les films Le Party et Octobre de Pierre Falardeau.

Ses funérailles seront célébrées à Longueuil le samedi 24 janvier.

Francis Simard à l'époque du FLQAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Francis Simard à l'époque du FLQ

Photo : ONF

Le Front de libération du Québec

Le FLQ est un mouvement politique radical qui a vu le jour au Québec au cours des années 1960.

Convaincus que le seul moyen pour les francophones de s'affranchir de la domination politique et économique des anglophones était de séparer le Québec du Canada par la force, les felquistes ont opté pour le terrorisme.

Entre 1963 et 1970, le FLQ a commis près de 200 crimes violents au Québec, des braquages de banque visant à financer leurs activités, des vols de dynamite et des attentats à la bombe dans des édifices qui représentaient, selon eux, les institutions qui brimaient les Québécois, dont la poste.

En octobre 1970, les événements déboulent. Le 5 octobre, une cellule du FLQ dont ne fait pas partie Francis Simard, la cellule Libération, enlève le consul diplomatique britannique James Richard Cross. Les ravisseurs exigent en échange de sa liberté la libération des 23 prisonniers reliés à leur mouvement qui ont été arrêtés au mois d'avril, leur exil payé vers Cuba ou l'Algérie, 500 000$ et le nom du délateur.

Cinq jours plus tard, la cellule Chénier enlève Pierre Laporte, qui sera retrouvé mort quelques jours plus tard. On ignore toujours s'il a été assassiné de façon préméditée. Le FLQ a revendiqué l'assassinat dans un communiqué écrit de la main de Paul Rose. Cependant, selon Robert Comeau, ancien professeur d'histoire à l'UQAM, considéré par la police, à l'époque, comme un des dirigeants du FLQ, Pierre Laporte serait mort dans une bousculade, alors que ses ravisseurs étaient sur le point de l'évacuer vers un lieu plus sûr et qu'il s'est mis à crier. Toujours selon Robert Comeau, en revendiquant son exécution, le FLQ voulait montrer à la population qu'il devait être pris au sérieux.

Quant à James Cross, la police découvre finalement le lieu de séquestration du diplomate le 3 décembre, à Montréal-Nord. Ses ravisseurs le libèrent contre un sauf-conduit vers Cuba.

Au total, deux assassinats sont attribués au FLQ. En plus du ministre libéral Pierre Laporte, le mouvement serait également responsable de la mort par balles d'un de ses membres, François Mario Bachand, en mars 1971, à Paris. De plus, au moins trois des crimes des felquistes ont fait des morts lors d'attentats à la bombe ou de fusillades.

En tout, 23 membres du FLQ ont été condamnés pour ces violences, dont quatre pour meurtre.

La loi des mesures de guerre

Le 16 octobre 1970, le gouvernement fédéral libéral de Pierre Elliott Trudeau met en place la Loi sur les mesures de guerre, qui limite les libertés individuelles et permet d'accroître les pouvoirs du gouvernement, à la demande du premier ministre libéral québécois de Robert Bourassa. Les autorités arrêtent 500 personnes (artistes, nationalistes, syndicalistes, intellectuels) sans mandat. Les troupes armées sont mobilisées dans certaines villes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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