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Enquête Magloire : un autre policier a craint pour sa vie 

Enquête sur la mort d'Alain Magloire
Radio-Canada

Au troisième jour de l'enquête publique du coroner sur la mort d'Alain Magloire, un itinérant qui souffrait de troubles mentaux, le policier Pascal Joly a raconté sa brève intervention devant la gare d'autobus, rue Berri à Montréal.

Un texte de Isabelle RicherTwitterCourriel

Le policier Joly a utilisé toutes ses armes intermédiaires pour essayer de neutraliser l'homme en crise.

Le policier et son partenaire Mathieu Brassard se rendent sur les lieux après avoir entendu des collègues demander des renforts pour maîtriser un homme agressif, armé d'un marteau.

À moins de six pieds d'Alain Magloire, l'agent Joly tente de l'asperger de poivre de Cayenne, mais le jet n'atteint pas le suspect qui fait plutôt un geste avec son marteau en direction du policier. Le policier utilise sa bonbonne de poivre une seconde fois, sans plus de résultats.

Alain Magloire continue son chemin jusqu'au terminus d'autobus. À cet endroit, le policier Joly tente une nouvelle tactique en déployant son bâton télescopique.

Je voulais faire une frappe de diversion, mais c'était trop dangereux. Il aurait fallu que je m'approche plus près de lui et il était trop agressif. 

Pascal Joly, policier 

L'agent, qui est le seul à ne pas avoir dégainé son pistolet, a donc replié son bâton. Puis il a aperçu l'autopatrouille d'un collègue qui s'approchait. Cette arrivée allait lui permettre de le neutraliser, croyait-il.

Le véhicule s'est presque immobilisé, il roulait à environ 5 kilomètres à l'heure lorsqu'il a heurté Magloire qui a sauté sur le capot.

« Je me suis approché de lui » a dit le policier qui ajoute avoir un "black-out" sur la suite des événements.

Je sais que ma vie est en danger. J'ai eu le réflexe de tourner le dos et de me protéger la tête d'un éventuel coup de marteau. 

Pascal Joly, policier

Puis le policier Joly dit avoir entendu des coups de feu. Quand il a levé les yeux, c'était pour apercevoir Alain Magloire au sol. Le policier a été si ébranlé par les événements qu'il a dû s'absenter du travail pour une période de cinq mois.

Contre-interrogé par Me Pierre Poupart, qui représente la famille d'Alain Magloire, l'agent Joly a dit qu'il n'avait pas appelé les équipes spécialisées en intervention auprès des itinérants parce que ça n'aurait servi à rien tant que l'individu n'était pas maîtrisé.

Jeudi, le coroner entendra le policier Mathieu Brassard qui a fait feu sur Magloire alors qu'il s'apprêtait à frapper le policier Joly au sol.

« Je m'en fous, qu'ils me tirent... »

Plus tôt dans la journée, un col bleu de la ville de Montréal qui effectuait des travaux rue Ontario le jour de l'opération policière, Guy Miqueu, a raconté qu'il avait assisté à toute la scène.

Lorsque Alain Magloire est passé tout près de lui, Guy Miqueu lui a suggéré de laisser tomber son marteau en ajoutant que les policiers étaient armés. Alain Magloire, qui lui semblait dans son monde, a tout de même répondu « Je m'en fous, qu'ils me tirent... »

Par ailleurs, le rapport d'autopsie semble confirmer que l'autopatrouille roulait à très basse vitesse puisque Magloire ne présentait pas de blessures aux jambes.

Société