•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'humoriste Dieudonné arrêté pour avoir fait l'apologie du terrorisme

Dieudonné

Dieudonné

Photo : AFP / Patrick Kovarik

Associated Press
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le polémiste Dieudonné, visé par une enquête pour apologie d'actes de terrorisme après un message sur les attentats de la semaine dernière, a été arrêté et placé en garde à vue mercredi matin, a-t-on appris de source judiciaire.

Il a été arrêté à son domicile d'Eure-et-Loir par la police judiciaire parisienne, a-t-on précisé de même source.

L'un de ses avocats, Me Jacques Verdier, a dénoncé un acte démesuré, réfutant que le polémiste ait pu inciter directement à des actes de terrorisme par ses propos.

« Le premier ministre a indiqué hier à l'Assemblée qu'à situation exceptionnelle, il fallait des mesures exceptionnelles. Eh bien la première mesure, c'est d'arrêter Dieudonné », a-t-il dit sur BFM TV.

« Je pense qu'on est dans la démesure la plus totale, démesure qui conduit à diligenter pas moins de 10 policiers à son domicile pour l'interpeller pour des actes qui seraient des actes d'apologie du terrorisme », a-t-il ajouté.

Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ou menaces verbales d'actions terroristes ont été ouvertes en France depuis l'attentat visant Charlie Hebdo, a-t-on appris auprès du ministère de la Justice. Seules cinq condamnations ont pour l'instant été prononcées.

« Je ne vois pas en quoi Dieudonné aurait directement provoqué des actes de terrorisme  », a-t-il conclu.

La peine encourue est de sept ans de prison et de 100 000 euros (environ 140 000 $CA) d'amende.

Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête pour apologie d'actes de terrorisme contre Dieudonné, qui a écrit dimanche sur sa page Facebook qu'il se sentait « Charlie Coulibaly », en référence à Amedy Coulibaly, qui a tué une policière à Montrouge et quatre personnes dans une épicerie cacher de Paris.

Il caricaturait ainsi le slogan « Je suis Charlie », devenu un cri d'indignation international, après le massacre de 12 personnes lors de l'attaque du journal satirique Charlie Hebdo mercredi dernier à Paris par deux frères, Saïd et Chérif Kouachi, en relation présumée avec Amedy Coulibaly.

« Récidiviste de la haine »

Le premier ministre Manuel Valls a dénoncé mardi le « nouvel antisémitisme » sur fond de « détestation de l'État d'Israël » qui se développe en France. Il a aussi fustigé Dieudonné.

« Quelle terrible coïncidence, quel affront que de voir un récidiviste de la haine tenir son spectacle au moment même où, samedi soir, la nation, porte de Vincennes, se recueillait », a-t-il dit.

Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées samedi soir pour rendre hommage aux quatre victimes du supermarché cacher de la porte de Vincennes, à Paris.

Plusieurs personnes ont été jugées en comparution immédiate après avoir écrit des messages sur Twitter ou Facebook.

Un homme de 34 ans a ainsi été condamné lundi à 4 ans de prison fermes par le tribunal de Valenciennes (Nord) pour avoir fait l'apologie des frères Kouachi.

« Il devrait y en avoir plus des Kouachi. J'espère que vous serez les prochains », avait-il dit selon le parquet.

Dieudonné s'est rapproché au fil de sa carrière des milieux islamiques, des communautaristes noirs et des négationnistes de la Shoah, faisant notamment monter sur scène Robert Faurisson lors de l'un de ses spectacles.

Il a conduit une liste antisioniste aux élections européennes de 2009.

Célèbre pour sa « quenelle », geste interprété comme un salut nazi inversé par des associations, mais qu'il présente comme une manifestation « antisystème », Dieudonné a été condamné à plusieurs reprises pour provocation à la haine raciale, en 2013 notamment pour la chanson Shoananas.

Il a été mis en examen en octobre 2014 pour fraude fiscale et faisait déjà l'objet d'une enquête pour apologie d'actes de terrorisme après la diffusion d'une vidéo sur l'assassinat du journaliste américain James Foley.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.